2.4.08
REFLEXION AU SUJET DE LA PERFECTION
de Dana La Source
On attend souvent que l’autre soit parfait, un peu comme on attend que tout nous arrive sans effort, comme un dû .
Mais aide toi et le ciel t’aidera…
La perfection est en nous, savons nous comment la faire apparaitre ?
Saisissons nous l’occasion de la montrer ?
Ayons de la considération pour l’autre, pour ce qu’il est, pour ce qu’il peut faire, et pas seulement pour ce qu’il sait ou possède.
Avoir de la considération pour soi-même est aussi une bonne chose. sans pour autant se prendre un peu au sérieux ,comme diraient certains.
Si nous nous sentons capable de quelque chose nous pouvons développer notre savoir faire et le faire savoir.
Et surtout, décidons d’entrer dans la perfection : la perfection est dans l’action du vouloir profond.
- publié par Daniel LAURENT le 2.4.08
22.1.08
PRIERE SILENCIEUSE A PRATIQUER
LE SIMPLE ART DE BÉNIR
Au réveil, bénissez votre journée, car elle déborde déjà d’une abondance de biens que vos bénédictions font apparaître. Car bénir signifie reconnaître le bien infini qui fait partie intégrante de la trame même de l’univers. Il n’attend qu’un signe de nous pour se manifester.
En croisant les gens dans la rue, dans le bus, sur votre lieu de travail, bénissez-les tous. La paix de votre bénédiction sera la compagne de leur chemin, et l’aura de son discret parfum une lumière sur leur route. Bénissez ceux que vous rencontrez dans leur santé, dans leur travail, leur joie, leur relation au divin, à eux-mêmes et aux autres. Bénissez-les dans leur abondance et dans leurs finances. Bénissez-les de toutes les façons concevables, car de telles bénédictions ne sèment pas seulement les semences de la guérison, mais, un jour, jailliront comme autant de fleurs de joie dans les espaces arides de votre propre vie.
En vous promenant, bénissez votre village ou votre cité, ceux qui la gouvernent et ses enseignants, ses infirmières et ses balayeurs, ses prêtres et ses prostituées. A l’instant même où quelqu’un exprime la moindre agressivité, colère grave ou manque de bonté à votre égard, répondez avec une bénédiction silencieuse. Bénissez-les totalement, sincèrement, joyeusement, car de telles bénédictions sont un bouclier qui vous protège de l’ignorance de leurs méfaits, et détourne la flèche qui vous est adressée.
Bénir signifie désirer et vouloir inconditionnellement, totalement et sans réserve aucune le bien illimité – pour les autres et les événements de la vie – en puisant aux sources les plus profondes et les plus intimes de votre être. Cela signifie révérer et considérer avec un émerveillement total ce qui est toujours un don du Créateur et cela quelles que soient les apparences. Celui qui est porté par votre bénédiction est mis à part, consacré, entier.
Bénir tout et tous, sans discrimination aucune, constitue la forme ultime du don, car ceux que vous bénissez ne sauront jamais d’où vient ce rayon de soleil qui soudain perça les nuages de leur ciel, et vous serez rarement témoins de cette lumière dans leur vie.
Quand, dans votre journée, quelque événement inattendu vous bouleverse, vous autant que vos plans, éclatez en bénédictions, car la vie est en train de vous apprendre une leçon, même si sa coupe peut vous sembler amère. Car cet événement que vous pensez être si indésirable, vous l’avez en fait suscité, afin d’apprendre la leçon qui vous échapperait si vous hésitiez à le bénir. Les épreuves sont des bénédictions cachées, et des cohortes d’anges suivent leur traces.
Bénir signifie reconnaître une beauté omniprésente cachée aux yeux matériels. C’est activer la loi universelle de l’attraction qui, du fond de l’univers, amènera dans votre vie exactement ce dont vous avez besoin dans le moment présent pour grandir, progresser, et remplir la coupe de votre joie.
Quand vous passez devant une prison, bénissez ses habitants dans leur innocence et leur liberté, leur bonté, la pureté de leur essence et leur pardon inconditionnel. Car on ne peut qu’être prisonnier de l’image qu’on a de soi-même, et un homme libre peut marcher sans chaînes dans la cour d’une prison, tout comme les citoyens d’un pays libre peuvent être prisonniers quand la peur se tapit dans leur pensée.
Quand vous passez devant un hôpital, bénissez ses patients dans la plénitude de leur santé, car même dans leur souffrance et leur maladie, cette plénitude attend simplement d’être découverte. Et quand vous voyez une personne en pleurs ou apparemment brisée par la vie, bénissez-la dans sa vitalité et sa joie: car les sens ne présentent que l’inverse de la splendeur et de la perfection ultimes que seul l’?il intérieur peut percevoir.
Il est impossible de bénir et de juger en même temps. Alors maintenez en vous ce désir de bénir comme une incessante résonance intérieure et comme une perpétuelle prière silencieuse, car ainsi vous serez de ceux qui procurent la paix, et, un jour, vous découvrirez partout la face même de Dieu.
Et par dessus tout, n’oubliez-pas de bénir cette personne merveilleuse, totalement belle dans sa vraie nature, et si digne d’amour que VOUS êtes.
- publié par Daniel LAURENT le 22.1.08
1.5.07
LA COMPREHENSION
INSTRUCTION DE LA CAYENNE “LA NEF D’ESPERANCE”
La Liberté de St Servan du Collège des Pairs
La tradition nous donne des clés pour la décrypter.
Ainsi par exemple, pour appréhender l’inconnaissable, que l’on appelle Dieu chez les croyants et que l’on symbolise par le “un”, la tradition affirme qu’il faut passer par le ternaire, car ce ne serait qu’à partir du nombre trois que nous serions en mesure d’appréhender l’Inconnaissable.
Si nous y réfléchissons cela s’applique à tout et partout :
- Ainsi pour appréhender l’espace, nous devons le ressentir par ses trois directions qui donnent les volumes : largeur, longueur et hauteur.
- De même pour appréhender le temps, devons-nous le vivre par les trois moments du continuum : passé, présent, futur.
Bref, pour comprendre un processus, il faut en trouver les trois termes. Perdre l’un des termes, c’est ne plus avoir de ternaire :
- Perdre la hauteur c’est perdre le volume,
- Perdre le mouvement du temps, c’est s’exiler de la vie.
Il en est de même des relations humaines, qui s’énoncent en cinq flux de communication.
Je vous rappelle les cinq flux de communication :
- soi-même par rapport à soi-même
- soi même par rapport à une chose matérielle non vivante
- soi-même par rapport à un autre
- d’autres entre eux par rapport à soi-même comme témoin
- soi-même par rapport à une rumeur
Pour que chaque flux de communication soit fluide, il doit s’inscrire dans un ternaire dit de compréhension :
- premier terme du ternaire : la réalité
- second terme : l’affinité
- troisième terme : le flux de communication lui-même
Concernant la réalité, souvenons-nous que seule la réalité que nous créons ou que nous acceptons comme telle, est réalité. Ainsi la difficulté avec l’idiot, c’est qu’il est enfermé dans sa réalité à lui, et qu’il est incapable de partager une réalité avec quelqu’un d’autre, se trouvant de ce fait coupé du monde et des autres.
Donc sans réalité à partager, pas de compréhension. Et lorsque je dis d’un tableau que je ne le comprends pas, c’est bien souvent parce que je n’arrive pas à partager la réalité exprimée par l’artiste, ou bien il n’arrive pas à me la communiquer. Ah, nous venons d’employer le mot communiquer ! on voit bien que les termes réalité et communication sont liés. Mais nous y reviendrons. Donc sans réalité acceptée et partagée avec autrui pas de compréhension, et en y réfléchissant vous constaterez qu’il n’y a guère de conflit sans que les protagonistes vivent des réalités différentes sur les mêmes données et les mêmes faits. Par exemple, Gérard-Henri est intelligent (quand il accepte ma réalité), mais je ne comprends pas ses prises de positions (car sa réalité du social, du politique, de la religion, de l’argent ou des femmes est fausse, puisque ce n’est pas la mienne). Et c’est ainsi que n’étant pas conscient de ce manque de réalité commune, on passe de l’incompréhension au rejet et parfois au conflit.
Il n’est pas facile de se mettre d’accord avec autrui sur une réalité commune. Et c’est là un des pôles puissant du compagnonnage: ses protocoles vécus et ses symboles, créent un réel, un espace-temps hors du profane sur lequel nous sommes à minima d’accord : et les nouveaux s’y intègrent progressivement , et leur niveau de compréhension, donc d’intelligence, va augmenter et vont augmenter aussi l’affinité et la communication.
Alors parlons d’affinité : Selon le dictionnaire, c’est un accord de ressemblance : nous pourrions dire que c’est la capacité que nous possédons d’accepter dans notre réalité la présence voire l’existence d’un autre. Prenons un exemple : je me trouve pour un voyage de plusieurs heures dans un espace d’affinité confiné style avion, en présence de quelques personnes ; je suis en situation d’affinité obligée, et c’est là que certaines personnes vont rechercher des réalités communes minimum : il fait chaud n’est-ce pas, les fauteuils sont toujours trop étroits etc … à partir d’un accord minimum de réalité, dans le cadre de cette affinité obligée, la communication peut se développer comme le feu se développe à partir d’une étincelle, et en fin de voyage nous voyons des gens échanger leur carte et se promettre de se revoir… Mais souvent l’éloignement fait que cette affinité insuffisamment ancrée dans le temps disparaît et ne laisse que le vague souvenir d’une rencontre.
L’affinité est donc cette capacité d’accepter dans notre univers personnel la présence de quelque chose ou d’une personne. De cette capacité naissent les sentiments de haine, d’indifférence ou d’exclusion (c’est l’affinité refusée), mais aussi heureusement l’amour qui va jusqu’à la fusion à l’autre et y compris sur le plan physique, pour ne faire qu’un, le temps d’un orgasme.
Et l’affinité dans le compagnonnage ? Là encore c’est notre capacité à accepter un nouveau pays, une nouvelle payse, une autre cayenne, un autre métier de la santé, et tout simplement l’expression de notre fraternité au delà du bla-bla sympathique en fin de tenue, où les salutations d’une chambre des devoirs ne représentent souvent que celles du pays ou de la payse présent(e), et où les promesses d’inter-visites entre cayennes me rappellent l’histoire du voyage en avion et de ses échanges de cartes.
Nous avons donc évoqué les deux premiers ingrédients de la compréhension avec la réalité partagée et l’affinité positive, mais nous avons vu que la mayonnaise ne monte pas sans la communication.
Il existe bien des ouvrages sur le sujet, et les spécialistes sont nombreux à organiser des séminaires montrant par là que c’est souvent de ce qui nous manque le plus dont nous avons besoin de parler . Je ne vais pas m’y mettre et je me contenterai d’une remarque : la communication, la vraie, est un mouvement d’échange où l’intention de communiquer se mêle à l’attention que l’on porte à autrui, sorte d’extériorisation qui permet l’écoute et le respect de l’autre. C’est l’attitude compagnonnique dont on rêve pour soi-même, que l’on espère des payses et pays, et cela se conjugue aussi en cinq flux.
Pour terminer, je voudrais vous rappeler que le nombre trois est chargé de magie, en ce sens qu’il nous permet comme je l’ai dit d’appréhender les grands mystères. Le nombre trois, c’est la grande Triade chère à Guénon, c’est pour le Ciel la communication avec son intention créatrice, c’est pour la terre, la réalité partagée, c’est pour l’homme l’affinité positive. Ciel, Terre et Homme, un triangle équilatéral qui s’appuie sur un autre triangle fait de la connaissance, de la responsabilité et du contrôle, ces deux triangles enlacés forment le véritable sceau de Salomon de la compréhension agissante. Mais c’est une autre histoire ?
- publié par Daniel LAURENT le 1.5.07
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- publié par Daniel LAURENT le 1.5.07
LES CINQ FLUX DE LA COMMUNICATION
INSTRUCTION DE LA CAYENNE “LA NEF D’ESPERANCE”
La Liberté de St Servan du Collège des Pairs
En plaisantant nous pourrions dire que le propre de l’homme est de se poser des questions. A chaque instant, même !
Par exemple, suite à ma dernière colère je me dis : “Je ne sais pas ce qui m’a pris”…
Ou bien, en visitant une galerie d’art je me fais cette remarque en aparté : “décidément je ne saisis rien à ce tableau” !
Ou encore, quelqu’un que je ne connais pas m’aborde et je pense par devers moi : “qu’est-ce qu’il me veut, celui-là” ?
Si je regarde un débat à la télévision, je me demande : “mais pourquoi se fâchent-ils ?”
Ou encore ayant entendu une rumeur, je m’interroge à son sujet…
Bref, comme vous, je n’arrête pas de me questionner…
Et je ne vous parle pas de cela sans but précis, mais pour bien vous faire remarquer que toutes les questions que nous sommes amenés à nous poser ont toujours deux dénominateurs communs :
- d’une part c’est la même personne qui est au centre de l’interrogation (en l’occurrence moi-même),
- d’autre part chaque question révèle finalement une incompréhension.
Mais avant de chercher à démonter le mécanisme complexe de la compréhension que j’évoquerai plus tard, je propose que nous réfléchissions quelques instants aux apparentes et banales questions préalablement posées.
Nous avons vu qu’elles sont toutes issues d’une même personne. Nous dirons qu’elles représentent pour chacun d’entre nous, les cinq flux de communication qui sont à la base du mécanisme de la compréhension. Voyons cela :
La première question était : “je ne sais pas ce qui m’a pris” ! Cela signifie que je ne me comprends pas moi-même. L’incompréhension, va ici de moi-même à moi-même, sans impliquer quiconque. C’est ce que nous appellerons le premier flux de communication.
La seconde question était : “je ne saisis rien à ce tableau”. Cela signifie que je ne comprends pas quelque chose d’extérieur à moi-même dans l’univers physique. Il s’agit ici d’une incompréhension entre moi-même et quelque chose de matériel. C’est ce que nous appellerons le second flux de communication.
La troisième question était : “qu’est-ce qu’il me veut, celui là ?” C’est une incompréhension entre moi-même et une autre personne. C’est ce que nous appellerons le troisième flux de communication.
La quatrième question était : “mais pourquoi se fâchent-ils , dans le débat de la télévision ?” Cela signifie que je ne comprends pas une incompréhension entre deux personnes et que je ne suis impliqué là que comme témoin. C’est ce que nous appellerons le quatrième flux de communication.
Quant à la question concernant la rumeur, cela correspond à une incompréhension sur un fait rapporté, non vérifié et qui ne me concerne que de manière indirecte.. C’est ce que nous appellerons le cinquième flux de communication.
Ces cinq flux correspondent bien à des positions qui vont du plus intime (de moi-même à moi-même) au plus lointain (les autres, que je ne connais même pas).
Cela peut vous paraître étrange que je m’appesantisse sur ces données? Quel rapport avec l’instruction compagnonnique ? Mais ne sommes-nous pas compagnons pour nous perfectionner, et cela ne passe-t-il pas par mieux se connaître ? Et c’est bien le propos puisque ces cinq flux de communication sont fondamentaux à la santé. Car la bonne santé implique la fluidité sur ces cinq canaux de communication. Si l’un est bloqué, il va perturber les autres et nous conduire à quitter le mouvement harmonieux du flux vital propre à la santé. Bref, la libre circulation du qi implique une bonne fluidité des cinq flux de communication.
Prenons des exemples.
- Je me souviens d’une patiente qui ne pouvait plus approcher de son conjoint parce qu’on lui avait dit de telles choses sur lui que … bref, flux cinq touché, communication coulée! Comme à la bataille navale.
- Et cet autre qui a reproduit une situation conflictuelle parentale avec ses propres enfants (flux quatre touché).
- Autre exemple : un patient présentait un tableau de troubles divers. Après analyse, il apparut qu’il ne parvenait pas à justifier par et pour lui-même un comportement compulsif d’addiction. (Pourtant la justification est l’échelon le plus bas de la compréhension). Eh bien l’origine de ses troubles venait de son introversion (flux un bloqué) ; ce fut le début d’un isolement, d’une rupture avec les autres et l’environnement (flux deux, trois et quatre perturbés) . Et cela débouchait sur les troubles psychosomatiques variés et variables de son tableau pathologique. Le traitement consista à remettre en mouvement la fluidité de tous les flux de la communication et du qi.
Mais quel est le rapport entre ces données professionnelles et l’instruction compagnonnique ?
Voyez plutôt : en présence d’un symbole (flux deux : moi par rapport à quelque chose de matériel) ou d’un protocole cérémoniel (flux trois et quatre, c’est à dire moi par rapport à un autre ou deux autres en ma présence), si je ne comprends pas, mes flux de communication seront entravés. Alors je finirai par ne plus être en harmonie avec moi-même (flux un) et à mettre en péril l’égrégore de la chambre des devoirs.
En conclusion je vous dirai que nos travaux en chambre des devoirs, qu’ils soient de métier ou symboliques sont opérants tant sur le plan personnel que collectif, et c’est cela la force du compagnonnage.
- publié par Daniel LAURENT le 1.5.07
24.4.07
INFORMATION OPERATIVE
A tous les compagnons pratiquant l’énergétique et qui emploient les pouls radiaux
J’ai mis au point une méthode originale etuniquement basée sur les données de la tradition pour améliorer la qualité de réception du message pulsologique et aussi sa fiabilité et sa rapidité.
J’organise le 12 Mai un séminaire sur le sujet dans la Cayenne d’An Oriant.
Le séminaire est ouvert aux compagnons qui le désirent, bien entendu avec une réduction de 50%.
Que ceux que cela intéressent me le fasse rapidement savoir.
Sachez qu’afin de bien vérifier l’excellence de la méthode que j’ai mise au point, j’ai demandé à un praticien chevronné de l’expérimenter en avant-première.
Voici son témoignage :
Bonjour Daniel.
J’ai expérimenté ta méthode sur les pouls. Voici les premiers résultats :
PREMIERE PERSONNE
Un homme de 47 ans.
J’ai réussi très vite à établir les déséquilibres fondamentaux, alors que je pensais que c’était plus compliqué.
Spectaculaire!!! Une régularité rééquilibrée que j’ai rarement trouvé. Et la personne se sentait très bien!!!
SECONDE PERSONNE
Un homme, trente cinq ans.
Là, c’était plus complexe parce que quantité et qualité étaient un peu partout déséquilibrées.
Mais là encore, j’ai réussi à bosser convenablement et vite.
Résultat : idem, des pouls qui retrouvent quantité et qualité d’une façon vraiment incroyable.
TROISIÈME PERSONNE :
Une femme trente cinq ans. Pas mal de problèmes !
J?ai appliqué le méthode. Ses pouls étaient supers aussi, franchement.
QUATRIÈME PERSONNE :
Le cadeau!!!
une jeune femme, 23 ans, que je suis depuis un moment. Ses pouls étaient devenus totalement équilibrés à la fin de la séance.
En tout cas, c’est extraordinaire. vraiment.
C.T PARIS
- publié par Daniel LAURENT le 24.4.07
10.4.07
MYTHOLOGIE CELTIQUE
Quelques payses et pays demandent des informations sur la mythologie celtique. Voici de quoi faire.
La fraternité vous va !
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mythologie_celtique
Bibliographie
Yann Brekilien, La Mythologie celtique, Éditions du Rocher, Monaco, 1993 (ISBN 2-268-01631-5)
Albert Grenier, Les Gaulois, Petite bibliothèque Payot, Paris, 1970 (ISBN 2-228-88838-9)
Christian-J. Guyonvarc’h, Magie, médecine et divination chez les Celtes, Bibliothèque scientifique Payot, Paris, 1997. (ISBN 2-228-89112-6)
Christian-J. Guyonvarc’h et Françoise Le Roux, Les Druides, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, 1986 (ISBN 2-85882-920-9)
Christian-J. Guyonvarc’h et Françoise Le Roux, La Civilisation celtique, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, 1990 (ISBN 2-7373-0297-8)
Christian-J. Guyonvarc’h et Françoise Le Roux, Les Fêtes celtiques, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, 1995 (ISBN 2-7373-1198-7)
Venceslas Kruta, Les Celtes, Histoire et Dictionnaire, Gallimard, coll. « Bouquins » , Paris, 2000 (ISBN 2-7028-6261-6)
Jean-Paul Persigout, Dictionnaire de mythologie celte, Éditions du Rocher, Monaco, 1985 (ISBN 2-268-00968-8)
Georges Roth, Cûchulainn, Héros légendaire de l?Irlande, Coop Breizh, Spézet, 1995. ISBN 2909924548
- publié par Daniel LAURENT le 10.4.07
7.4.07
POUR CEUX QUI S’INTERRESSENT A LA GNOSE CHRETIENNE
(réponse d’une question posée à un moteur de recherche)
“Les gnostiques étaient-ils des chrétiens ?”
“Les gnostiques prétendaient à une connaissance des mystères sans recours à
quelque raisonnement. Il y aurait eu une Gnose secrète qu’ils détenaient
seuls, ce à quoi s’opposa Saint Thomas d’Aquin. De leurs propres
témoignages, les premiers chrétiens étaient constamment exposés à la
critique d’autres érudits de grande réputation, par la suite diffamés en
tant que “païens” par leurs adversaires chrétiens. Parmi eux, on compte
nombre de gnostiques qui se sont énergiquement opposés à la tentative
judéo-chrétienne de matérialisation charnelle de leur dieu. Les chrétiens
peuvent être dénoncés pour leur avoir emprunté plusieurs des
caractéristiques de leur divinité suprême et de leur homme fait dieu. Les
réfutations par les chrétiens des thèses gnostiques indiquent suffisamment
que le dieu fait homme judéo-chrétien leur était une injure, soutenant
pour leur part que leur propre dieu ne pouvait jamais, par définition,
s’incarner.
Nietzsche était agnostique et athée. Aujourd’hui, l’existentialisme athée,
prenant conscience du caractère absurde du monde où nous vivons, n’a pas
d’autre issue que son humanisme, lui aussi sans explication. Le problème
du mal et de la souffrance était résolu différemment par les gnostiques
chrétiens qui l’attribuaient à la chute originelle, à l’emprisonnement de
l’âme dans le corps animal, et qui se réfugiaient dans l’ascétisme le plus
rigoureux, méprisant le “monde” et condamnant la sensualité. L’idée venait
de textes de Jean prônant le détachement du monde sensuel (Nouveau
Testament). Et la recherche d’une “gnose” secrète pour se régénérer
jusqu’à l’androgynat primitif ou permettant d’expliquer la chute
originelle engendra divers systèmes de pensée. Face au problème du Mal,
dont nombre d’entre eux attribuaient une cause première, une volonté
aveugle, un Démiurge inférieur à la Divinité lumineuse transcendante, et
donc irresponsable, les gnostiques Judéo-chrétiens d’Alexandrie, la
Cosmopolite, opposaient la conscience propre à organiser le chaos, et à
instaurer l’ordre, et ce, dans tous les domaines. La raison d’être
métaphysique du côté négatif est dans le choix positif de l’illuminé ou de
l’initié qui a compris que les conséquences de ses actes s’inscrivent dans
un ensemble de choses et que rien n’est séparé.
La Gnose pourrait résulter de l’osmose entre différentes cultures
méditérranéennes, hellénistique et sémite, elle est née de l’évolution de
la conscience de plus en plus individualisée et donc de l’angoisse
personnelle de l’individu face à lui-même. Si la gnose paraît se nourrir
d’influences très diverses (essenienne, néoplatonicienne, et égyptienne),
il est bien difficile de préciser son origine juive d’un strict point de
vue historique, mais on est certain en revanche qu’elle n’est pas très
antérieure à la diffusion du christianisme, dont elle partage pour une
large part l’esprit. Les gnostiques sont avant tout des juifs convertis ou
des chrétiens, à une époque où les vérités du christianisme étaient encore
loin d’avoir trouvé la forme sous laquelle elles pouvaient être imposées
sur fond d’ignorance et sans rejet aux croyants.
Dans les premiers siècles de notre ère, à l’époque de la prolifération
des églises, l’Égypte vit naître deux puissantes écoles de gnosticisme,
celles de Basilide et de Valentin (1) ; plus tard, un grand mouvement
ésotérique, parti d’Égypte, transplanté en Iran, s’amalgamant avec
d’autres courants gnostiques, ainsi qu’avec des éléments locaux, donna
naissance au manichéisme, religion forte et profonde qui eut une existence
millénaire. Avant la découverte des manuscrits de Nag Hamrnadi, les textes
gnostiques étaient très rares et deux seulement ont pu parvenir
intégralement :
- La Pistis Sophia, écrit copte découvert en Egypte au XVIII siècle,
traduction française par E. AMELINEAU, éd. Archè, 1975,
- Les Actes de l’Apôtre Thomas, dont on dispose d’une version syriaque et
une version grecque, renfermant le célèbre Chant de la perle : il existe
plusieurs traductions ou adaptations françaises de ce texte, par exemple
celle -de H. LEISEGANG, La Gnose, traduit par Jean GOUILLARD, Payot, 1951.
(1) Sur B. Valentin et autour du gnosticisme, une courte bibliographie,
qui est loin d’être exhaustive :
- Encyclopédie des Mystiques, chap. Gnose et Hermétisme, Robert Laffont
éd. 1972.
- LACARRIERE Jacques, Les Gnostiques, A.-M. Métaillé, 1991, 190 p.
Nouvelle éd. revue et modifiée; ouvrage pouvant faire office
d’introduction
- LEISEGANG H., La Gnose. Traduit de l’allemand par Jean Gouillard, P.B.
Payot., 1971.
- PETREMENT Simone, Le Dieu séparé. Les origines du gnosticisme, Cerf,
coll. Patrimoines-Gnosticisme, 1984, 698 p.
- DORESSE Jean, Les Livres secrets des Gnostiques d’Égypte , éd. du
Rocher, 1984.
- COULIANO Ioan P., Les Gnoses dualistes d’Occident. Histoire et mythes,
Plon, 1990.
- PISTIS SOPHIA, Ouvrage gnostique de Basilide Valentin, Archè, 1975,
XXXII-204 p. Traduit du copte en français avec une introduction par E.
Amélineau (retour texte) Réédité par Robert Laffont.
- WAUTIER André, Textes gnostiques de Shenesêt, Versions françaises et
commentaire, Ganesha, 1990 t.I: Paroles gnostiques du Christ Jésus [La
Sophia de Jésus; L'Epitre secrète de Jacques; L'Evangile selon Thomas; Le
Livre de Thomas le Champion], 1988, 127 p.; t.II: Textes fondamentaux du
Séthianisme christianisé [La Lettre d'Eugnoste; La Paraphrase de Shem; Le
Deuxième Traité du grand Seth; L'Evangile selon Philippe; Le Témoignage de
la Vérité], 1989, 159 p.; t.III: Mazdéisme et Séthianisme Zostrien; La
Prôtennoïa trimorphe; Les Révélations d’Adam; Le Codex de Bruce
(Extraits)], 1989, 136 p.; t.IV: Le Mythe de Barbélô, Mère céleste [Le
Livre secret de Jean; L'Evangile égyptien; Melkitsédec; Maisane;
L'Allogène; Hypsiphrone; Le Deuxième Livre de Iéou; Pistis Sophia
(Extraits)], 1990, 220 p.
- HERMES TRISMEGISTE, Corpus Hermeticum, Les Belles Lettres, coll. des
Universités de France, 1946. Texte établi par A. D. Nock et traduit par
A.-J. Festugière, 4 vol.; t.I: Poimandrès, Traités II à XII, 3e éd., 1972;
t.II: Traités XIII à XVIII, Asclepius, 3e tirage, 1973
- FESTUGIERE R.P., O.P., Hermès Trismégiste (La révélation d’), Librairie
Lecoffre-J. Gabalda & Cie, coll. Études bibliques, 1954, 4 vol.; t.I:
L’astrologie et les sciences occultes, 2e éd., 1950, XIV-441 p.; t.II: Le
dieu cosmique, 1949, XVII-610 p.; t.III: Les doctrines de l’âme, suivi de
Jamblique, Traité de l’âme, trad. et commentaire; Porphyre, De l’animation
de l’embryon, 1953, XIV-314 p.; t.IV: Le dieu inconnu et la gnose, 1954,
XI-315 p.
- FESTUGIERE A.-J.,Hermétisme et mystique païenne, Aubier-Montaigne, 1967,
333 p.”
- publié par Daniel LAURENT le 7.4.07
6.4.07
PROPOS SUR LA CANNE
Par la Mirgesse de Ploemeur, Instructeur de la Cayenne mère d’An Oriant
Prévôt, l’ancien, payses, pays,
Chaque année l’instructeur des cayennes se doit de parler de la canne du compagnon. Au risque de répétitions pour les anciens, je vous livre ce soir ces quelques réflexions destinées, au delà d’un simple rappel, à nous enraciner dans le savoir être compagnonnique. Je retiendrai trois axes de réflexion :
I – la canne et l’homme
II – la canne et la défense
III – la canne et la vieillesse
I – La canne et l’homme
Témoin de notre cheminement, notre canne, vous devez vous en douter, a une valeur bien particulière. Lors de notre réception, voici ce que nous entendons dire : « la canne est en bois cerclée de métal, compagne du compagnon, témoin du chemin parcouru, gravée à votre nom compagnonnique lorsqu’à l’étape vous deviendrez compagnon ou compagnonne confirmée. On ne pénètre pas sans elle en chambre des devoirs et c’est grâce à elle que l’on se fait connaître ».
Quoi de plus normal et logique que nous ayons une canne puisque par définition, un compagnon voyage. Pour nous le voyage est aussi spirituel. Alors dans cette optique, la canne devient l’emblème de l’homme dans son positionnement traditionnel : le pommeau cerclé de métal représente le ciel, la base carrée représente la terre, et le corps de la canne, tel le fil à plomb de la verticalité, représente l’homme. Je ne reviendrai pas sur les couleurs qui ornent la canne, puisque je vous en ai parlé précédemment. Je vous rappelle simplement qu’il y en a cinq, cinq étant le nombre de l’Homme. Et je dis bien cinq couleurs bien qu’il n’en apparaissent que trois. Trois pour le compagnon reçu, trois pour le compagnon confirmé, mais une en commun, donc cinq au total. Et si vous vous demandez pourquoi deux couleurs disparaissent sur la canne du compagnon confirmé, à savoir la verte et la blanche, alors reportez-vous à la croix. Le compagnon reçu, ; c’est l’axe horizontal, axe des équinoxes, printemps (couleur verte) et automne (couleur blanche). Le compagnon confirmé accède à la verticalité, axe des solstices d’été (couleur rouge), d’hiver (couleur bleu marine). Le passage de l’horizontalité à la verticalité s’effectue par rapport à un centre (couleur jaune), lieu et lien commun de la canne du compagnon reçu à celle du compagnon confirmé.
Vous comprenez maintenant que tout ce qui s’observe dans nos protocoles est un langage codé destiné à nous rappeler les messages essentiels de notre compagnonnage. Et bien que nous soyons de tous les métiers de la santé, je ne peux m’empêcher de faire un clin d’oeil à mon propre métier. En effet, la canne a aussi une signification évocatrice particulière pour l’acupuncteur : elle a la même forme qu’une aiguille traditionnelle !
II – La canne et la défense
Le compagnon chemine, et la route n?est pas sans danger. Et nous, professionnels de la santé, nous savons bien que la vie est un combat, une lutte contre les circonstances qui favorisent la maladie. Ces circonstances de maladie sont la résultante de l’ignorance et de la cécité spirituelle qui conduisent autant à la mauvaise hygiène (porte ouverte aux microbes pathogènes), qu’à l’attitude des marchands du temple médical. Ceux là même qui considèrent la médecine comme un instrument de domination et non de libération, qu’ils soient médecins patentés ou non médecins ! Et le compagnonnage est un chemin qui conduit à réduire cette ignorance et à aiguiser notre regard spirituel. La canne est ainsi l?instrument emblématique de défense et de soutien contre les embûches du chemin compagnonnique que nous avons choisi pour notre progression personnelle et professionnelle.
Un peu de culture maintenant
Nous retrouvons la canne ou le bâton dans de multiples civilisations, de l’Orient à l’Occident.
En Asie, la pratique du bâton à toujours fait partie intégrante des Arts Martiaux, dans leur sens à la fois le plus noble et le plus populaire.
En Europe, la canne est un bâton particulier. Et le bâton a toujours été emblématique d’un pouvoir : bâton du maréchal, crosse papale, bâton du magicien, bâton du Garde des Sceaux, du bâtonnier des avocats, sceptre royal… mais aussi bâton sur lequel s?appuie le simple moine, le soldat, bâton du sergent de ville ou “gens d?arme”, bâton du paysan ou du berger… Bref, le bâton est omniprésent, de la base au sommet de toute hiérarchie classique.
A la fois, arme, outil, instrument et emblème de pouvoir le bâton est donc l’un des plus anciens attributs humain… On retrouve, en effet, jusque dans les grottes préhistoriques, le fameux “bâton de commandement”… Ceci est vrai, également, en Afrique, en Amérique … Il suffisait, par exemple aux Comanches amérindiens de toucher un adversaire avec un simple bâton pour que celui-ci s?avoue vaincu. Ces tribus n’ont été elles-mêmes vaincus que par les “bâtons tonnants” des soldats bleus… On retrouve des pratiques “martiales” liées au bâton en Afrique, au Magreb, au Portugal, au Pays Basque et dans les pays nordiques les pratiques martiales ont disparu au profit de la fameuse “Gymnastique Suédoise”. Et partout ou le théâtre remplace le combat, le bâton est indispensable à toute représentation s’ouvrant par les trois coups frappés avec vigueur.
III – La canne et la vieillesse
Convalescence après un accident des membres inférieurs, vieillesse, et la canne est présente. Souvenons-nous simplement de l’énigme du Sphinx de la mythologie. Quand Oedipe se présente au Sphinx pour l’épreuve, il lui demande : « qu’est-ce qui le matin se tient sur quatre pieds, à midi sur deux pieds et le soir sur trois pieds » ? Et Oedipe lui répond : « C’est l’homme qui marche à quatre pattes quand il est enfant, marche debout quand il est adulte et à besoin d’une canne dans sa vieillesse pour appuyer ses pas ».
Dans notre vie courante, on remarque nos personnes âgées, qui se soutiennent avec des cannes, les mal voyants ou non voyants qui se dirigent avec une canne.
La canne nous rappelle ainsi à l’humilité dans notre vie. Lorsque l’on est jeune, frais et vaillant, on pourrait facilement se dire que l’on a besoin de rien pour tenir debout, d’ailleurs, le bébé qui fait ses premiers pas est bien dans cette dynamique d’assurance et de certitude puisqu’il se lance dans la vie pour gérer en permanence ce déséquilibre qu’est la marche. La stabilité étant bien trois appuis et non deux, imaginez un tabouret sur deux pieds …
Conclusion
Lors de notre voyage compagnonnique, nous comprendrons tous pourquoi notre canne est si importante : elle est tellement personnelle ! Et c’est pourquoi elle est gravée à notre nom compagnonnique. Elle est notre stabilité, elle permet notre donnée stable. Sans elle, nous errerions dans la vie sans avoir conscience de réellement qui nous sommes en tant qu’être.
La canne est un objet précieux, qui peut être très bénéfique comme l’inverse. Souvenons que ce même objet, qui pourra servir à soutenir un homme blessé, pourrait aussi servir à l?assassin pour rouer de coup le bon samaritain.
Investissons de notre pensée créatrice notre canne, témoin de tellement d’intimité, et emblème de notre vie au quotidien.
Ainsi Ai-je dit.
- publié par Daniel LAURENT le 6.4.07
21.3.07
REMERCIEMENTS
La flamme de St Malo
Je veux te dire merci, le Bouillonnement d’avoir écrit ce texte qui éclaire tant d’interrogations que j’ai depuis longtemps sur Saint-Jean. Et merci aussi pour l’apport certain qu’il apporte à la pratique de mon métier quand il définit les médecines traditionnelles chinoises par rapport à la lumière primordiale. (Et je dis bien à la pratique : grandir dans ma conscience rejaillit dans mes actes thérapeutiques).
Je veux te dire merci la Liberté de permettre par le blog que ce texte soit tout de suite à notre portée, merci d’apporter une dynamique réelle, plus : un souffle vivifiant et plein de… lumière !
- publié par Daniel LAURENT le 21.3.07
20.3.07
COMMENTAIRES DES PREMIERES LIGNES DE L’EVANGILE SELON St JEAN
PROPOS DE L’ANCIEN DE LA CAYENNE MERE D’AN ORIANT
Le compagnon Jean-Marie LEPELTIER, le Bouillonnement de Nantes,
du Collège des Pairs.
La tradition nous est révélée par des écrits difficiles d’accès. Pour comprendre ces textes il nous faut posséder le vocabulaire et la grammaire de la Tradition.
A partir de cela les textes deviennent compréhensibles. Dans le commentaire qui suit, l’Ancien, en décryptant pour nous le prologue de St Jean, non seulement nous enseigne comme c’est son rôle, mais en plus il nous fournit les clés de compréhension de la Tradition.
PREALABLE
Que l’évangile de St Jean soit très distinct des trois autres dits « synoptiques » (textes qui peuvent être vus ensembles, avec un jeu de colonnes parallèles et en regard), est un fait patent, unanimement reconnu.
Parmi toutes les caractéristiques qui le distinguent des autres, nous n’en retiendrons qu’une seule car à nos yeux, et ce sera là tout notre propos, elle est de loin la plus importante : l’évangile de Jean est le seul à être profondément grec, dans la lettre et surtout dans l’esprit.
En effet, une langue, bien au-delà du moyen de communication qu’elle est au sein de la vie quotidienne, est l’émanation de toute une culture et par là, elle est implicitement porteuse d’une vision et d’une conception du monde et des choses. L’évangile de Jean est donc le seul à être réellement transi par l’esprit de la culture voire de la philosophie grecque. Il est donc étranger à l’esprit qui émane de l’araméen, langue des juifs du temps de Jésus, langue dans laquelle ce dernier s’est portant lui-même exprimé au cours de sa vie publique.
On pourra tout de suite nous objecter avec force raison que les quatre évangiles considérés comme référentiels (Marc, Matthieu, Luc et Jean) sont tous les quatre écrits en grec. C’est un fait, mais qui sert à en masquer beaucoup d’autres qu’il faut prendre soin de relater.
C’est ainsi que l’évangile de Matthieu n’est qu’une transcription de l’araméen en grec. Matthieu était juif publicain, simple préposé d’octroi et n’avait vraisemblablement pas de culture grecque. D’ailleurs, n’importe quel spécialiste de langue ancienne, n’a aucun mal à repérer à travers le texte écrit de son évangile, des tournures de phrase et un style spécifiquement araméen.
Si la transcription en grec a été retenue pour divulguer les textes référentiels, c’était afin de vulgarisation. Le grec était alors autour du bassin méditerranéen la langue la plus répandue. Aussi l’appelait-on la « koiné », c’est-à-dire la langue commune. Son rôle était analogue à ce que l’Anglais est dans notre monde actuel. C’est ce même souci de vulgarisation qui a été à l’origine de la traduction en latin du texte grec des évangiles. Ce fut l’?uvre de St Jérôme (4eme – 5eme siècle après JC), qui donna ce que l’on appelle la « Vulgate » consacrée au 16eme siècle par le concile de Trente.
Avec Marc, le processus est différent. Marc n’a pas fait partie des apôtres qui ont accompagné Jésus au long de sa vie publique. Il avait environ treize ans lorsqu’il fut l’un des témoins de son arrestation, comme il est implicitement relaté dans son évangile. Le reste de sa vie, il suivit l’apôtre Pierre dont il devint en quelque sorte le secrétaire. Ce qu’il raconte provient donc de St Pierre source araméenne s’il en est une.
Le cas de Luc est plus subtil. Contrairement à Matthieu et Marc, il n’était pas juif. Homme cultivé (il était médecin), il s’exprime dans une authentique langue grecque. Mais il n’a pas été le témoin direct de la vie de Jésus. Ses sources viennent surtout de Paul qu’il fréquenta assidûment. Il en fut en quelque sorte son secrétaire. Or Paul n’a jamais connu Jésus directement ; il était juif hors Palestine (Tarse) et citoyen romain. Sous légide de Paul, les sources de Luc pouvaient être aussi Marc et Matthieu, sources araméennes.
On comprend parfaitement dès lors pourquoi les évangiles de Marc, Matthieu et Luc sont synoptiques.
Venons en à Jean : très différentes et spécifiques sont les conditions qui ont présidé à l’écriture de son évangile. Il a d’abord été un compagnon très proche de Jésus. C’est un fait unanimement reconnu que, le plus jeune des apôtres, il fut le disciple préféré. On peut même supposer que cela lui permit de bénéficier de propos plus confidentiels . D’autre part il a directement écrit son évangile en grec. Mais son grec n’a rien à voir avec une simple transcription d’un fond araméen. Le grec de Jean baigne dans la plus profonde et authentique culture grecque. En effet, dès après la disparition de Jésus, Jean gagna Ephèse avec Marie, puisque Jésus lui avait, sur la Croix, confié sa mère (Jean XIX, 26-27). De part son jeune âge, il semble aussi évident que Jean passa à Ephèse la plus grande partie de sa vie, ville dans laquelle il écrivit son évangile daté de l’année 100. Ephèse fut loin d’être pour lui un simple lieu de refuge, après les évènements tumultueux qui suivirent la disparition de Jésus (martyr d’Etienne presque aussitôt, qui en initialisa beaucoup d’autres, puis démolition du Temple (en 70), suivi du siège de Massada). Il faut donc placer Ephèse dans son contexte.
Géographiquement cette cité se situe sur le littoral méditerranéen de l’actuelle Turquie, légèrement au Sud, à la même latitude qu’Athènes dont elle est juste séparée par la petite mer ionienne. Ephèse était à l’époque l’une des principales cités qui composaient la région dite Ionie. Or il est notoire que l’Ionie fut le principal foyer de la culture de la Grèce antique. C’est dans cette région que furent forgées les bases de la pensée et de la philosophie grecque, avec des personnages aussi prestigieux que Héraclite, Thalès, Anaximandre, Anaxagore, sans oublier le célèbre style architectural appelé style ionien. C’était aussi la patrie d’Homère. La langue ionienne fut la langue principale de la littérature grecque et sous la forme de l’attique, elle devint à l’époque hellénistique la seule langue grecque écrite. C’est à Ephèse qu’Athènes doit son épanouissement culturel.
Comment imaginer qu’un homme aussi éveillé que Jean, suite à une longue et intime fréquentation de Jésus, vive au sein d’un tel bouillon culturel en y restant indifférent ? De nombreux exégètes et commentateurs en ont eu parfaitement conscience. Nous n’en citerons qu’un : Emile Gebhart (Paris 1890). Celui-ci écrivait : « le quatrième évangile, ?uvre de l’esprit grec est tout pénétré de néo-platonisme ». le philosophe Bergson, bien que juif, en était lui aussi convaincu.
Nous comprenons désormais tout à fait, ce qu’au départ nous avancions d’une façon qui pouvait sembler abrupte, à savoir, que l’évangile de Jean est profondément grec dans la lettre et surtout dans l’esprit.
Ce n’est donc pas l’Ancien Testament qui éclairera notre compréhension de l’évangile de Jean, mais bien la langue et la culture grecques, ce qui nous amène maintenant à faire une approche d’abord très grecque des premiers versets de cet évangile.
LE TEXTE
« Au commencement était le Verbe
(?).
Par lui tout a paru
Et sans lui rien n’a paru de ce qui est paru
En lui (Le Logos) était la vie et la vie était la lumière des hommes ».
COMMENTAIRES
« Au commencement était le Verbe »
« Au commencement » ? C’est l’expression qui est aussi utilisée en entête de l’Ancien Testament. Un peu comme si l’auteur du prologue, voulait reprendre les choses à la base.
Le terme français « Verbe », est la traduction du terme grec « Logos ». Nous proposons comme traduction à « Logos » celle d’ « Intelligence Organisatrice ».
Pour ceux qui savent que la Tradition possède plusieurs expressions selon les époques et les cultures, il peut être éclairant de faire un détour par la chine traditionnelle. La notion chinoise qui se rapprocherait le plus de « logos » est « Shen » (« Intelligence Spirituelle » dictionnaire Ricci N° 9655 radical 113-5 ) . Nous proposons aussi pour « Shen » « Conscience de conscience ». « Shen » est nécessairement concomitant de la capacité d’expression parlée à partir d’un « je ». Ainsi un objet, un végétal, un animal, qui se mettrait soudain à s’exprimer à la première personne aurait le statut de « Shen ». A travers sa manifestation particulière, il serait notre égal en humanité. Nous voyons par ce détour le lien direct entre « Logos » et « Verbe ».
« Par lui tout a paru
« Et sans lui (le « Logos »), rien n’a paru de ce qui est paru »
Le terme paraître est ici fondamental. Paraître c’est : « se présenter à la vue, être visible, être vu ». Cela implique deux choses essentielles pour ne pas dire primordiales.
1- la lumière
2- le couplage principiel de ce qui est vu et de l’être qui voit (« Il n’y a pas de monde sans un sujet qui en porte la structure » . Maurice Merleau-Ponty, « Phénoménologie de la perception » ed Gallimard)
1- La lumière est la première émanation du « Logos » (« que la lumière soit ! »). La lumière est ainsi l’étoffe première de tout ce qui est. Ce que le texte de Jean continue à confirmer : « et sans lui (le « Logos »), rien n’a paru de ce qui est paru ». Autant dire que rien n’existe qui n’a sa racine dans la lumière, première manifestation. Dans un langage moderne il est dit que tout ce qui existe est phénomène. D’où l’expression « le monde phénoménal ». Or en grec, phénomène vient d’un verbe (phénoménai) qui veut dire apparaître et qui est formé à partir de la racine « phös – photos » qui veut dire lumière. Voilà qui boucle notre propos. Nous savons par ailleurs que la lumière est vibration. Tout ce qui existe, fusse un simple objet, n’est qu’une certaine vibration de lumière. Au passage, nous ne pouvons pas ne pas penser à l’intense éclair aveuglant qui émane de l’explosion d’une charge atomique qui pourrait dans cet esprit être considérée comme une restitution sauvage de ce qu’à pu être la lumière primordiale constitutive de toute matière ; voilà qui nous rapproche de la théorie du Big-Bang, considérée de nos jours comme la plus admise des cosmogénèses, quant à l’apparition du monde phénoménal.
A propos de la théorie de la lumière, nous ne pouvons pas non plus nous empêcher de penser aux praticiens de la médecine traditionnelle chinoise. Réalisent-ils toujours que le Qi qui est au c?ur de leur pratique serait ce qui est le plus près de cette lumière originelle ?
2- Si « tout » (c’est à dire l’ « Etre »), paraît, cela implique le couplage principiel de ce qui paraît avec le sujet auquel cela apparaît. Et pour reprendre la tradition chinoise évoquée plus haut (et en particulier dans le Tao Te King), lorsque l’on dit que le passage du « Un » (le verbe) à la manifestation engendre automatiquement le « Deux », ce « Deux » est le couple indissociable de ce qui est vu et du sujet qui voit. Par contre si l’on dit qu’il y a d’une part un sujet et d’autre part (séparé, sans relation) un objet, affirmer cette dichotomie signe une ignorance.
Nous pouvons dire aussi que le passage à la manifestation implique autant le sujet que l’objet. En tant que sujet, nous étions donc programmé à l’aube du temps. C’est bien ce que semble nous confirmer l’apôtre Jean lorsqu’il poursuit en disant :
« En lui (le « logos ») était la vie, et la vie était la lumière des hommes ».
La vie est donc une certaine vibration de la lumière originelle et l’être humain l’une de ses version. Une conséquence à tirer de cela est que in fine les êtres vivants que nous sommes ont exactement la même origine que celle de l’ensemble du monde manifesté.
Cela n’a l’air de rien, mais voilà qui prend à contre-pied les postulats ancrés depuis des millénaires dans maintes cultures. Nous pensons par exemple à certaines religions qui veulent nous persuader que nous sommes par essence et nature, des exilés dans une « vallée de larmes ». Par ailleurs, toute la pensée occidentale moderne, tant dans sa philosophie que dans sa science, s’appuie sur un pré-supposé impensé, à savoir que l’être humain ne ferait pas par essence partie de la nature. C’est pourquoi en science, cette nature est étudiée avec le plus « d’objectivité possible », c’est à dire comme si l’homme n’avait à voir avec la nature. C’est l’adhésion à un tel postulat impensé qui explique la facilité avec laquelle la science se plonge sans aucun scrupule dans toutes les manipulations génétiques. On a ainsi pu dire « la science est une idéologie de la suppression du sujet » (Lacan).
Concernant la lumière primordiale, nous ne pouvons pas savoir ce qu’elle a pu être. Nous avons émis l’hypothèse que ceux qui manipulent le Qi s’en approche. Au simple niveau de la vie quotidienne, admettons que la lumière solaire émane directement de cette première manifestation lumineuse. D’ailleurs toute les autres lumières perçues dans l’univers sont de la même origine que celle du soleil, puisque celui-ci est une étoile comme une autre et que les milliards de galaxies sont constituées en moyenne de milliards d’étoiles (certains disent trois cent milliards d’étoiles par galaxie !). Et comme cette lumière du soleil, qui est la plus proche de l’origine, est à notre disposition dans une perception très concrète, en l’examinant, ce que nous pouvons pour le moins approcher, c’est le « Logos », le « Verbe », « Shen » et son « Qi ». On comprend mieux désormais qu’au sein de toutes les religions, le soleil a été considéré, pour le moins, comme l’image même du divin, puisque une fois de plus, sa lumière est proche de la lumière originelle que Jean identifie au Logos.
Payses, pays, par ces quelques commentaires, je vous invite à relire avec un esprit encore plus aiguisé le prologue de l’évangile de Jean qui en permanence est au milieu de nous, pendant nos travaux.
Le prévôt ne demande-t-il pas à l’instructeur : « qu’elle est notre grande lumière ?
Et lorsque le rôleur ouvre le livre sacré au prologue de l’évangile de Jean, l’instructeur ne dit-il pas « pour le méditer en priorité » ?
Que cela soit ainsi !
- publié par Daniel LAURENT le 20.3.07
LA CANNE DU COMPAGNON DEVOIRANT
Par La Ténacité de Voiron
du Collège des Pairs
Introduction
Le Sphinx demande à Oedipe : Quel est l’animal qui au matin marche sur quatre pattes, le midi sur deux pattes et le soir sur trois pattes ?
La réponse donnée était : L’Homme.
La symbolique du quatre nous fait penser à la matière fécondée, le bébé qui passe par la quadrupédie. La matière ne discerne pas encore entre le bien et le mal. La matière n’a pas en sa nature de concept moral.
La symbolique du deux est celle de l’adulte dans le monde profane qui est soumis aux passions et à la dualité : Bien – Mal ; Agréable – Douloureux ; etc.
Quant à la symbolique du trois, elle est celle de l’initié des autres ordres initiatiques qui concilie les contraires et a trois ans.
Il est jeune mais vieux aussi. En effet c’est au midi de la vie que la canne commence à s’imposer et que les rites de mort symbolique l’amènent à renaître.
La canne outil de marche et de reconnaissance :
La canne de compagnon a toujours varié de forme et de longueur tout au long de l’histoire.
La canne du profane est d’une longueur telle qu’elle frappe le sol marquant un troisième temps tous les deux pas. Elle sert à s’appuyer et se défendre. Aussi, l’homme pose sa main sur la partie supérieure de la canne.
La canne du pèlerin est souvent un morceau de bois long comme ceux que les randonneurs d’aujourd’hui prennent sur les bords des sentiers.
Les cannes des compagnons sont rondes, à pans, octogonales ou torsadées, longues ou courtes selon les sociétés. Le pommeau – noir pour les charpentiers, blanc pour les tailleurs de pierre – porte souvent le nom compagnonnique du propriétaire ou la représentation symbolique de son métier.
La canne du compagnon des métiers de santé est entre les deux puisque longue mais pas trop. La main sur le pommeau le bras le long du corps le coude fera un angle de 90°. Elle doit être comprise entre une partie dépendant du compas (ciel), et une autre de l?équerre. C?est pourquoi et possède un paumeau circulaire en haut et un bout en forme de pyramide carrée. Elle doit être cerclée de métal afin que celui-ci soutienne le bois.
Quand il marche le compagnon frappe de sa canne le sol tous les quatre pas. Ainsi le compagnon par quatre temps posera un pied et en un cinquième temps ponctuera la démarche. J’ai personnellement remarqué ce fait en déambulant à travers la forêt de Brocéliande en compagnie d’un druide.
La canne de Maître H.’. était en jonc marin et semble-t-il d’une longueur de cinq pieds. Dans la légende transmise par les compagnons opératifs et bâtisseurs, il y eut trois fosses creusées, une pour le cadavre, une pour les habits, enfin une pour la canne. Ceci montre bien l’importance de celle ci en tant qu’attribut du compagnon.
Chez nous, Devoirs de Santé, l’apprenti n’a pas de canne. Mais elle est en élaboration. Car la canne est le reflet de la personnalité.
Moreau raconte comment un compagnon des métiers du bâtir, étant sans sa canne, demanda à un aspirant de ne pas prendre son bâton de marche habituel : ” Comme on vous prendrait pour le compagnon et moi pour l’aspirant, et je ne pourrais aller avec vous.”
La canne du compagnon reçu, c’est la compagne fidèle. Elle aide à marcher, elle aide à se défendre. Le compagnon qui tourne n’a pas d’épée mais il a un pique soigneusement caché en dedans. Le compagnon qui fait le tour n’a pas d’épouse mais il a sa canne.
Aussi la canne du compagnon confirmé, telle une épouse, porte le nom du compagnon.
Dans certains métiers elle porte aussi la date de la réception en chambre des devoirs.
La canne aussi témoigne du chemin parcouru sur le grand pèlerinage intérieur vers ST J.’. de C.’. et dans le perfectionnement des arts que sont le tour de main, et le trait. Ce chemin passe par les lieus de devoirs où chaque ville donne sa couleur.
Les couleurs sont des rubans symboliques de la profession auxquels se rajoutent les rubans des villes. Sur les couleurs lorsque le compagnon passe à la Ste Baume il sera apposé un cachet témoin du passage en ce haut lieu. Le voyage n’est pas fini tant que St Jacques de Compostelle n’est pas atteint.
Les conduites:
La canne porte les couleurs du métier lorsque le rôleur précède le compagnon qui quitte le lieu du devoir. Les couleurs sont arborées au mariage d’un compagnon ou encore à son enterrement. Les couleurs varient selon le grade et le métier. Elles ne sont portées que lors de certaines occasions.
Mais l’homme aux couleurs ne serait rien sans sa canne de compagnon, le plus important de son attirail rituel. Rappelant le jonc de maître Jacques, c’est à la fois signe de virilité, symbole de pouvoir ou de prise de possession d’un fief, crosse d’évêque, bourdon de pèlerin, houlette de berger, mesure des anciens maîtres d’oeuvre – et, aux poings des ouvriers, un argument de défense non négligeable :
Voici un poème de compagnon :
Canne chérie, à mes amours
En toi j’ai mis ma confiance
Puisque tu protégeas mes jours
En voyageant au tour de France.
J’aime ta superbe longueur
Et ton embout, l’effroi du crâne
Qui souvent sur le champ d’honneur
Sut rendre ton maître vainqueur “.
La canne outil rituel :
Le Gardien :
C?est de la pointe cachée qu?il applique sur le demi-torse nu du récipiendaire qu?il fait le premier contact du futur compagnon avec une canne. Montrant l?importance des serments qui suivront.
Le Rôleur :
Il doit utiliser sa canne pour l’espace sacré et déambuler tel un maître de cérémonie.
Le Prévôt :
Elle sert pour le prévôt, premier en ville, de maillet pour ponctuer les moments importants.
Elle adoube le compagnon et le reçoit dans la corporation.
Montée en chambre :
La canne est la clef d’accès en chambre des devoir. Il est impossible à un compagnon d’assister à une tenue sans sa canne. La canne permet de se faire reconnaître avec des mouvements rituels secrets liés aux pas rituels de la Guilbrette qui est utilisée pour l’entrée rituelle des compagnons francs et vertueux.
Guilbrette d’une conduite
Voici un exemple de Guilbrette d’adieu entre le Rôleur et le partant dans un compagnonnage de bâtisseurs:
Mon Pays à qui est la pomme ?
Mon Pays la pomme est au Roi !
Trois pas sont fait
Mon Pays à qui est le cordon ?
Mon Pays le cordon est à la Reine !
Trois pas sont fait
Et la Canne ?
Elle est à moi !
Trois pas sont fait
Et la pointe ?
La pointe est pour les gavots ou espontons et tous ceux qui les soutiendront !
Pour illustrer l’importance de la canne, trois compagnons boulangers, en 1837 à Azy le Rideau, portent leurs cannes à pommeau blanc. Ils se font entourer par des compagnons qui disent : ” A nous les cannes des soi-disant, ils ne sont pas dignes de les porter ! ” Il s’ensuivra bien sûr une rixe… Ce droit de porter la canne a souvent coûté la vie aux soi-disant.
N?oublions pas que nous ne sommes pas du « bâtir » et, que donc pour eux, nous sommes des « soi-disant ».
La dernière conduite :
Tout un rituel existe dans les différents compagnonnages. La canne peut très bien accompagner le compagnon pour son dernier voyage. Elle sera souvent posée sur le cercueil faisant une croix avec les couleurs.
Elle symbolise le compagnon disparu dans la chaine d?alliance des derniers adieux rendu par les compagnons de santé.
Le renégat et le brûleur :
Le renégat est celui qui est banni pour manquement à la règle et le brûleur est celui qui dans la Cayenne laisse des dettes soit envers la mère soit envers le singe (c’est à dire le patron où a été embauché le compagnon). Ces deux espèces d’individus voient souvent leur canne brisée et l’interdit sur le tour pour les empêcher de nuire aux compagnons.
Le port de la canne :
La manière de porter la canne a une signification particulière :
- étendre la main sur le pommeau signifie paix, confiance, force;
- présenter l’embout : provocation;
- tenir la pomme en bas : guerre à mort;
- tenir la canne par son embout et la traîner trois fois à terre : profond mépris;
- tenir la canne par le milieu, l’embout en avant : signe provocateur annonçant une attaque verbale;
- tenir le pommeau au front : salut fraternel;
- tenir la canne par le milieu, puis l’incliner pomme vers l’avant : solidarité; ,
- tenir la canne droite, l’embout à l’extrémité du pied droit, puis la passer de la main droite dans la main gauche : j’accepte un service;
- garder, en marchant, le pouce sur la pomme : confiance;
- amener la pointe de l’embout au talon : défiance;
- tendre la main gauche en gardant la droite sur la canne : mépris;
- tendre la main droite avec le cordon de la canne passé au poignet : amitié loyale.
La canne a été souvent chantée :
La canne, gage précieux
De la valeur et de la gloire
La canne fait mille envieux
Sur la route de la victoire.
Respectable par sa longueur
Plus brillante qu’une auréole
C’est le symbole de l’honneur
C’est notre Dieu, c’est notre idole
Avec elle on ne craint plus rien
Avec elle l’on se pavane bis
Du devoirant c’est le soutien
Pour voyager, vive la canne !
La canne est aux dimensions du compagnon des métiers de santé.
Le coude doit se trouver à 90° lorsque la canne est le long de la jambe ou encore le pommeau doit se trouver au même niveau que le nombril.
La divine proportion du nombre d?or sera sur la canne.
La canne résumé symbolique global pour les métiers de santé.
Boule cercle compas Ciel Métal or ou argent
Axe droite règle Homme Bois
Pointeau Pyramidale équerre Terre Fer
La canne une grande aiguille d’acupuncture
Cercle Ciel
Spirale Homme
Pique Terre
Certaines cannes d’autres métiers ont des pommeaux circulaires sur le plan horizontal et non sphérique, ou encore octogonaux comme nous l’avons déjà évoqué. La canne octogonale est aussi le meilleur moyen de répondre au problème de la quadrature du cercle. L’octogone étant le moyen de passer pour les tailleurs de pierres des quatre piliers à la coupole. Pour ma canne le sommet est précieux, ciel, compas et sphère permettant de concentrer l’énergie céleste et de la capter vers le bas. J’ai dit précieux car le métal est doré et rappel l’or philosophal.
Le bois de la canne doit être “vivant” ou bien porter un symbolisme médical. Souvent le serpent que l’on rencontre dans le caducée. Ici vous pouvez observer deux serpents qui s’entrecroisent par sept fois. Cela nous ramène aux enseignements des noeuds énergétiques nommés par les hindous, chakam. Le Serpent de la sagesse antique est double car l’un est la connaissance du mal et l’autre la connaissance du bien. Ces deux serpents sont les dragons rouge et blanc du Celtisme. Ils sont aussi les deux mouvements Yin et Yang. Ils sont aussi le soufre et le mercure alchimiques. Ces deux serpents se réconcilient dans les mythes grecs autour du bâton d’Hermès. Le bâton est au centre tel le sel. Il marque la voie du milieu du Bouddha, la démarche de l’initié sur la tranche de la mosaïque, la conciliation des opposés qui alors deviennent complémentaires. C’est le passage du deux au trois. Sans cette conciliation des contraires l’énergie céleste captée par la boule ne saurait descendre correctement. Le bâton c’est aussi symboliquement la règle de jonc qui mesure 7 pieds pour maître Jacques. La règle écrite aussi, cette règle qui témoigne de l’exigence librement consentie qui s’impose pour rendre gloire au G.’. A.’. D.’. L.’. U.’. Ainsi la conciliation par le milieu semble porter l’axis mundi, axe du monde qui permet la PRESENCE .
La canne témoigne par l’usure de son pointeau du chemin parcouru. En effet un compagnon ne voyage pas sans sa canne. La pointe bien qu’usée est à quatre faces et de forme pyramidale. Ainsi l’énergie continue son chemin vers la terre et épouse la forme de la pyramide. En effet dans l’invisible une pyramide complémentaire prolonge les arrêtes de la pyramide de fer. C’est un métal moins noble mais qui est parmi les plus utilisé dans cet âge. Ce métal est sombre et lunaire.
Ainsi l?énergie captée par la paume, transmise par l?axe, descent jusqu?à la pointe où elle s?écoulerait au-delà, elle ferait de cet objet unique un bâton magique. Il faut pour cela, que celui qui porte la « noble compagne », connaisse l?harmonie qui réside dans les contraires et sache diriger sa pensée afin que le divin recueilli descende dans la matière.
La canne est une sorte de gourdin, de bâton de pouvoir et un épieu. Cela nous rapproche des symboles celtiques du Dagda portant la massue ou de Lug portant la lance.
Mais la canne du compagnon des métiers de santé n’est-elle pas un grand caducée ?
Symboliquement le compagnon devient confirmé lorsqu’il atteint St Jacques de Compostelle. Alors, de nouveau ressuscité, le compagnon devient confirmé et non pas maître car chez nous un seul maître existe, le Principe, que certains appellent le Christ. Et nos compagnons des métiers de santé de demander : Jésus n’était-il pas le plus grand GUERISSEUR de tous les temps ? Il n?y a pas non plus chez nous de compagnon fini.
- publié par Daniel LAURENT le 20.3.07
18.3.07
DU ROLEUR
Par la Liberté de Saint Servan
Du Collège des Pairs
Un rôleur, pour quoi faire ?
EN CHAMBRE DES DEVOIRS
Tant pour l’ouverture que pour la fermeture, à la fois expert des protocoles et de la gestuelle, le rôleur a un office primordial au cours des tenues.
C’est lui aussi qui accueille les candidats, et qui les conduit lors de leur réception.
DANS LE TEMPS PROFANE
Mais son role ne s’arrête pas là.
C’est lui aussi, qui avec le Prévôt, s’assure que les compagnonnes et compagnons gardent le contact les uns avec les autres. Il est vigilant à ce que le ciment de la fraternité conserve sa solidité.
Nous en avons discuté avec l’ensemble des compagnons confirmés de la Cayenne mère d’An Oriant.
Il nous est apparu que peut-être nous n’étions pas suffisamment attentifs à maintenir une bonne disponibilité envers les compagnons reçus. C’est pour cela que nous avons rappelé l’importance de la fonction du rôleur.
Notre rôleur, Le Cheminement d’Ambert, va s’efforcer de maintenir un contact courriel ou téléphonique avec chacune et chacun entre les tenues. Cela est indispensable, nécessaire mais pas suffisant.
Il faut aussi que chacune et chacun, quel que soit son ancienneté, s’efforce à créer, nouer, maintenir et enrichir les contacts.
Notre affinité et notre réalité commune sont grandes lorsque nous sommes en tenue. mais notre communication doit s’augmenter en dehors des tenues.
Pour celles et ceux qui sont sous informatiques et qui ne l’auraient pas encore fait, n’hésitez pas à creer une liste courrielle des compagnonnes et compagnons, avec téléphones et adresse, afin de transférer ou échanger des informations.
Et ainsi que nous le demandons à la fin de nos tenues, que l’amour, la paix et la joie soient dans nos coeurs.
- publié par Daniel LAURENT le 18.3.07
CONVENT D’AOUT 2007
Payses, pays,
Je vous confirme les dates de notre prochain convent qui se riendra à la Cayenne d’An Oriant à CAUDAN, dates qui ont été fixées en commun l’an dernier lors du Convent de Voiron.
Le Convent se tiendra donc du Samedi 18 Août à 14h jusqu’au Mardi 21 Août à 14h.
Arrivée le Samedi, si possible pour midi, repas d’accueil pris en commun.
Repas de clôture mardi midi.
Veuillez prévoir votre hébergement, sachant que 10 places sont disponibles à la Cayenne.
Certains compagnons domicilés près de la Cayenne pourront héberger des compagnons s’il manquait de place à la Cayenne.
La Mère de Voiron et sa nichée seront accueillis par moi-même sur Lorient
Les repas sont pris en commun. La Mère de la Cayenne du Bon Passage nous fait l’honneur de bien vouloir se charger des desserts.
Les modalités financières sont les suivantes.
- Couchage et petit déjeuner à la Cayenne : 5 euros
- Chaque repas : 10 euros (boissons comprises)
Salutations et affections compagnonniques.
Le Prévôt d’An Oriant
Dana La Source
- publié par Daniel LAURENT le 18.3.07
16.3.07
DE LA CAYENNE-CONCEPT A LA CAYENNE-REELLE
Annonce de Dana La Source d’An Oriant
Prévôt
Les travaux dans la Cayenne mère d’An Oriant sont pratiquement achevés. Il est possible désormais d’y loger une douzaine de compagnons-passants d’où qu’ils viennent : Bon Passage, Nef d’Espérance ou d’ailleurs. Bien qu’il y ait dix places, les compagnons ne sont pas tenus devenir par douzaine, cependant même le passant isolé sera accueilli volontiers ! Il suffit de prévenir si possible une semaine à l’avance. Et quiconque pris de court est assuré qu’il ne restera pas à la rue. Les frais d’occupation sont calqués sur ceux de la Cayenne du Bon Passage, et sont de 5 Euros la nuit, petit déjeuner compris. N’ayant pas, comme au Bon Passage, une Mère avec son savoir faire, mais seulement un « Père » avec sa bonne volonté, il est recommandé d’apporter son sac de couchage.
N’est-il pas bon de se retrouver ensemble dans un esprit de partage et de fraternité en attendant le prochain Convent ?
- publié par Daniel LAURENT le 16.3.07
14.3.07
LA REGLE
Instruction de la Cayenne d’An Oriant
par La Mirgesse de Ploemeur
LA RÈGLE
La règle est un instrument de mesure en mathématiques qui sert à tracer un trait qui va d’un point à un autre ; c’est un instrument de tracé qui permet de matérialiser une droite.
La règle désigne aussi le règlement qui organise la vie d’une communauté (exemple de la vie monastique : la règle de st Benoit)).
La règle a surtout des buts et des fondements. C’est comme la constitution dans un pays.
Ici, nous avons une règle au sein de notre confrérie.
La règle est un ensemble de lois qui nous donne les normes dans une société donnée.
Ici, notre règle est basée sur l’éthique. Au sein du compagnonnage, souvenons-nous bien de cette Ethique universelle ; elle respecte les lois naturelles, les lois fondamentales de la vie humaine, c’est à dire : loi de conservation de la vie, loi de propagation de la vie, loi d’ascension de l’esprit.
Elle nous donne la conduite à tenir, elle nous présente nos devoirs. Devoirs envers soi-même, sa famille, les patients, la confrérie, les compagnons de la confrérie, les étudiants des cercles d?études, les métiers et les praticiens (non membres de la confrérie), les lois et les autorités civiles, l’humanité, Dieu créateur et maître de l’univers.
La règle est là pour guider la vie de chacun de ses membres, pour guider notre conduite.
Notre règle est bien entendue en conformité avec l’Évangile de St Jean.
La règle fait le lien entre nos symboles.
Si on prend par exemple une construction, un tracé, nous avons besoin d?un compas et d?une règle (l’équerre étant l?équivalent de deux règle orientées d?un angle de 90°), l?un ne va pas sans l’autre.
En mathématiques, il existe trois grands problèmes posés dès l?Antiquité : la trisection de l’angle, la quadrature du cercle et la duplication du cube.
Étudions cela :
- Trisection de l?angle : problème qui consiste à diviser un angle en trois parties égales, en utilisant une règle et un compas
- Quadrature du cercle : problème qui consiste à construire un carré dont l’aire égale celle d?un disque, en utilisant une règle et un compas
- Duplication du cube : problème qui consiste à construire un cube de volume double, en utilisant une règle et un compas.
A chaque fois, nous avons deux instruments fondamentaux : la règle et le compas, deux éléments essentiels dans la construction et le tracé.
Au sein de notre compagnonnage, si l’on peut faire une analogie, notre parcours compagnonnique est comme une belle construction. Nous allons mettre en oeuvre et suivre un certain nombre de règles et codes (comme en maths) qui vont nous permettre d?accéder à la perfection (en toute humilité).
La règle est un fondement de notre ascension spirituelle et de notre développement personnel.
Que la Règle soit toujours à notre esprit car elle contient nos devoirs et doit guider notre vie selon l’Évangile de St Jean.
Libellés : la règle des compagnons de la santé
- publié par Daniel LAURENT le 14.3.07
5.3.07
COMMENTAIRES SUR L’INSTRUCTION
MESSAGE DU “DISCERNEMENT DE MOULIN”
“Merci, la Liberté pour cette instruction clairement et simplement exprimée.
Je me permettrai de rajouter une notion qui m?est chère et qui est pour moi fondamentale du compagnonnage : nos « voyages » doivent s?accompagner de la transmission de notre « savoir-faire » et de notre « savoir-être », qui nous viennent des transmissions reçues des anciens, de nos compagnons de voyage et de nos propres expériences. Nos voyages nous appartiennent mais nous ne sommes pas seuls sur notre chemin”.
Le Discernement de Moulins, le 04-03-07.
Tu es “LE DISCERNEMENT”, le bien nommé, et je te remercie de ce commentaire fidèle à nos protocoles qui stipulent :
“L’un des compagnons confirmés désire-t-il dire quelques mots sur le sujet évoqué par l’Instructueur” ?.
Cela me permet ausi de dire à tous les compagnons, qu’ils soient reçus ou confirmés, que ce blog leur est ouvert. Ils peuvent pour cela me contacter à l’adresse
daniel.laurent@mac.com
La fraternité te va !
- publié par Daniel LAURENT le 5.3.07
4.3.07
VOYAGES ET COMPAGNONNAGE
Par La Liberté de Saint Servan
(Du Collège des Pairs)
Pour la Cayenne la Nef d’Espérance de Paris
Nous nous affirmons nous-même compagnon, compagnonne !
Vous êtes-vous réellement demandé ce que ce mot signifiait ?
Certes, il est de notoriété de lire que le compagnon est celui qui partage le pain. Il y aurait donc cette notion importante d’échange et par conséquent de fraternité, ou de sororité. Ce n’est pas ce jour mon propos.
En réalité, lorsque nous évoquons le mot compagnon, c’est la notion de voyage qui apparaît. Sans doute est-ce la rançon des compagnons bâtisseurs du Devoir qui voyageaient la France.
Mais alors, le compagnon est-il un nomade, se déplaçant au gré des besoins de sa communauté ?
Certes non, et il suffit de se référer aux mots.
Le voyage est défini comme un chemin à parcourir.
Un chemin est spatial, son parcours est temporel.
Nous sommes là dans un espace-temps.
Le compagnon c’est l’homme entre le ciel (le temps) et la terre (l’espace).
Le compagnon voyage, mais il a un but et un plan. Comme je suis de la tradition des cinq éléments, je dirai que le but, c’est le feu, le plan, c’est le bois. Ainsi se réalise-t-il. Alors nous dirons que la règle est son métal, la terre est sa cayenne, quant à l’eau, c’est la tradition venue du fond des âges.
Pourquoi voyage-t-il ? La réponse est strictement personnelle et ne relève pas du discours. De toute manière le voyage n’est pas “intellectuel”.
Comment voyage-t-il ? Est-il seul ?
Il ne le peut, puisqu’il a sa canne. Celle-ci est sa compagne et le témoin du chemin parcouru. C’est pourquoi un compagnon ne saurait se présenter devant ses pays et payses sans sa canne.
Imaginerait-on le samouraï sans son sabre, le cavalier sans sa monture, le musicien sans son instrument, le cuisinier sans ses marmites ?
Qu’est-il ce voyage du compagnon ? Une quête vers un probable Saint Graal ? une chimère sans espérance ?
Le voyage du compagnon se décline selon la Tradition en trois niveaux : celui du ciel, celui de la terre et le sien.
Le voyage du Ciel, c’est celui du cherchant qui doit d’abord souffrir sur le chemin, persévérer dans la quête, pour enfin trouver l’éveil et la libération. C’est la voie de toute initiation, y compris celle du Tchan.
Le voyage du Ciel est celui de la spiritualité et pour ce faire le compagnon dispose du livre sacré, l’évangile du disciple Jean qu’il médite en priorité sur le prologue. C’est pourquoi dans nos chambres des Devoirs, le rôleur nous le présente afin de ne jamais l’oublier.
Le voyage du Ciel, c’est celui qui nous oblige à toujours nous souvenir que le patient qui nous est confié est notre frère, qu’il est lui aussi fils de Dieu.
Les voyages de la Terre, ce sont nos pérégrinations sur le métier, nos recherches incessantes du mieux faire, du geste qui se perfectionne, quel que soit notre métier de santé. C’est pour cela que dans nos chambres des devoirs, nous ne saurions nous réunir sans un travail opératif, même lorsque nous procédons à une réception.
Les voyages du compagnon (c’est sa place dans la grande triade ciel-terre-homme, entre le compas et l’équerre, elle lui est personnelle, individuelle, vécue), ce sont les étapes symboliques qu’il lui sont données lors de sa réception. Ces étapes font référence aux quatre éléments de la tradition occidentale, berceau du compagnonnage.
Premier voyage, celui de la terre d’où nous venons et où nous retournons. C’est le cabinet de réflexion qui nous amène à nous interroger sur la mort. Et cette interrogation doit toujours être permanente pour le compagnon.
Second voyage, celui de l’eau. C’est celui de la purification. Comment progresser sur le chemin sans purification ? Nous savons nous laver le corps chaque matin, en faisons-nous autant de notre esprit, de nos pensées, de nos actes ?
Troisième voyage, celui de l’air. C?est celui de la rencontre avec la spiritualité. En sommes-nous conscient ? En restons-nous conscient ? Nous souvenons-nous des paroles dîtes lors de ce voyage de notre réception ? De l’accueil de l’esprit auquel il nous invite ?
Quatrième voyage, celui du feu. C’est la renaissance dans l’amour. Le vieil homme disparaît dans la cendre et le nouvel homme naît à la lumière.
Ces quatre voyage, nous devons les expérimenter sans cesse, en un va et vient entre ciel et terre. Pas seulement lors de notre réception, mais chaque jour, et surtout dans notre relation avec les gens qui nous confient leur santé.
C’est là la dynamique merveilleuse du compagnonnage.
Non, nous ne sommes pas un club, une association pour nostalgiques de la Tradition.
Nous sommes la Vie.
Le compagnonnage, qu’il soit du bâtir ou du soin, qu’il oeuvre à l ‘édification du temple de pierres, ou à celui de l’esprit, est une quête permanente, un engagement pour chacun et une finalité pour tous.
Ainsi ai-je instruit.
- publié par Daniel LAURENT le 4.3.07
7.2.07
LES COULEURS DE RECEPTION
Notes recueillies de l’instruction de la MIRGESSE DE PLOEMEUR
Le cordon des compagnons reçus est composés de :
La couleur blanche indique le Regret.
La couleur Verte indique l’Espérance
La couleur Jaune indique la Persévérance.
Nous noterons que nous retrouvons aussi la couleur jaune sur le cordon des compagnons confirmés.
1 – LE REGRET
Qu’est-ce que le regret ?
Le regret est vécu quand on sent la tristesse, la honte, ou la culpabilité après avoir commis une action non éthique. Cela peut provenir aussi d’une non-réalisation souhaitée.
En psychologie, le regret est une évaluation négative d’une action passée engendrant mécontentement et chagrin. Tantôt c’est le mécontentement qui domine, tantôt c’est le chagrin.
Le regret survient après un choix délibéré. Il est motivé soit par les conséquences de ce choix soit par une évaluation différente de la situation. C’est avec le recul, maintenant, que l’on se rend compte que nos besoins sont différents.
Attention, ce n’est pas de la culpabilité malsaine, toutefois, le regret n’est pas une tentative d’annuler le choix antérieur. Au contraire, celui-ci est assumé. Je ne cherche pas d’excuses pour mes actions passées, je ne tente pas non plus d’amenuiser la réaction de l’autre; je suis simplement triste devant la répercussion de mes actes. Je me dis que j’aurais pu agir autrement mais ce qui est fait est fait, à moi d’aller de l’avant pour m’améliorer.
À quoi sert le regret?
Le regret signale une différence dans l’évaluation que nous avons fait dans le passé et celle que nous faisons maintenant. Ce sont les émotions qui lui sont rattachées nous informent de l’importance de ce changement de perspective, dans notre vie actuelle. Ces informations nous servent à nous réajuster par rapport à la réalité passée laquelle continue d’avoir une incidence dans le présent. l’on a déjà fait un chemin personnel de réflexion, que l’on s’est interrogé sur sa vie actuelle et que l?on cherche à l’améliorer. De ce fait, on passe du monde vulgaire dans le monde compagnonnique après un choix délibéré et motivé, avec un recul d’aspirations de vie, de travail différent, toujours dans l’amélioration de soi.
2 – L’Espérance
Dans la doctrine de l’Église catholique, l’espérance est la vertu théologale ou le sentiment qui fait entrevoir comme probable, plausible voire certaine la réalisation de ce que l’on souhaite ou désire. Elle se distingue de l’espoir, qui porte sur des objets concrets.
Dans la doctrine chrétienne, les vertus théologales sont les vertus qui disposent l’homme à vivre en relation avec Dieu. Elles adaptent les facultés de l’homme à la participation de la nature divine (cf. II P 1,4).
Les vertus théologales sont au nombre de trois :
la foi
l’espérance ;
la charité, c’est-à-dire l’amour de son prochain
Quel que soit l’espoir à l?égard de telle ou telle réalité humaine, il est possible de ne pas perdre l’espérance en Dieu. L’espoir s’estime à l’aide de la raison, l’espérance se vit sous le regard de la foi. L’objet de l’espérance est le salut, le bonheur béatifique, la participation à la gloire de Dieu.
Dans notre compagnonnage, l’espérance est une vertu, je dirai « compagnonnique » plutôt que théologale, même si nous nous retrouvons en terme de charité et de foi relatif au grand architecte.
La vertu d’espérance répond à l’aspiration au bonheur placée par Dieu dans le coeur de tout homme. Elle assume les espoirs qui inspirent les activités des hommes. Elle protège du découragement et soutient en tout délaissement. L’élan de l’espérance préserve de l’égoïsme et conduit au bonheur de la charité.
L’espérance est “l’ancre de l’âme”, sûre et ferme, “qui pénètre … là où est entré pour nous, en précurseur, Jésus” (He 6,19-20). Elle est aussi une arme qui protège dans le combat du salut : “Revêtons la cuirasse de la foi et de la charité, avec le casque de l’espérance du salut” (1 Th 5,8). Elle procure la joie dans l’épreuve même : “avec la joie de l’espérance, constants dans la tribulation” (Rm 12,12). Elle s’exprime et se nourrit dans la prière, tout particulièrement dans celle du Pater, résumé de tout ce que l’espérance nous fait désirer.
3 – LA PERSEVERANCE
« Le paresseux ne possède aucune vertu transcendante, ne fait pas le bien d’autrui et s’éloigne de l’éveil de l’esprit. Inversement, les qualités de celui qui est persévérant ne déclinent pas, mais s’accroissent jusqu’à la réalisation de la sagesse infinie. »
BOUDDHA
Au niveau spirituel, la persévérance est définie comme étant l’enthousiasme à faire le bien en général et à vraiment accomplir ce qui est bénéfique pour soi et autrui.
C’est également le remède aux trois formes de paresse :
La paresse indolente qui est l’attachement excessif aux plaisirs des sens, à l’oisiveté, au sommeil, à la nourriture et à l’alcool, aux drogues, au tabac, etc.
La paresse défaitiste qui consiste à toujours se dénigrer ou à penser que l’on est incapable de pratiquer toute forme de spiritualité.
La paresse vile qui est d’effectuer des actes négatifs par plaisir ou par insouciance, tels que détruire la vie, amasser des richesses au détriment des autres, rechercher le pouvoir ou les honneurs, etc.
Au contraire, il faut s’armer de courage en pensant :
« Désormais et jusqu?à ce que j’aie établi tous les êtres dans l’état d’éveil insurpassable, je ne me départirai jamais de la persévérance altruiste. »
Il faut aussi avoir le courage d?abandonner les tendances négatives, d’accomplir des actes positifs et de faire le bien d’autrui avec joie sans jamais se lasser ni physiquement ni mentalement.
De plus, la persévérance s’accompagne d’humilité lorsque l’on ne se fait pas une haute opinion des efforts que l’on déploie et doit être insatiable, c’est-à-dire de ne jamais s’estimer satisfait de ses actes de bien.
En compagnonnage, on retrouve cette continuité à toujours vouloir s’améliorer et acquérir au final un peu de sagesse?..
ST AUGUSTIN :
« La persévérance, par laquelle on demeure jusqu’à la fin en Jésus-Christ, est un don de Dieu. Par le mot de fin, je désigne ici le terme de cette vie où nous ne courons d’autre péril que celui de tomber. Tant qu’un homme vit sur la terre, nous ignorons s’il a reçu ce don précieux. Car, s’il vient à tomber avant de mourir, on dit aussitôt qu’il n’a point persévéré, et on le dit en toute vérité. Comment, en effet, pourrait-on dire que celui qui n’a point persévéré a cependant reçu ou possédé la persévérance? Si quelqu’un, après avoir vécu dans la chasteté, vient à déchoir de cet état et à tomber dans le vice opposé; s’il perd de la même manière la justice, la patience, la foi même, on dit avec raison qu’il a possédé, mais qu’il ne possède plus ces vertus : il a été chaste, il a été juste, patient, fidèle autrefois; mais depuis qu’il a cessé de pratiquer ces vertus, il a cessé d’être ce qu’il était: comment donc un homme qui n’a point persévéré a-t-il pu posséder la persévérance , puisque ceux-là seuls possèdent ce don, qui persévèrent réellement? Et qu’on ne vienne point m’opposer ce raisonnement : Si un homme a vécu dix années, par exemple, depuis qu’il a embrassé la foi, et que son apostasie date seulement du milieu de ce temps, ne peut-on pas dire qu’il a persévéré pendant cinq années? Si l’on croit pouvoir employer ce mot de persévérance dans ce sens, je ne dispute point sur les mots : mais on ne peut en aucune manière dire que celui qui n’a point persévéré jusqu’à la fin, a cependant possédé cette persévérance dont nous traitons ici, et par laquelle on persévère réellement jusqu’à la fin en Jésus-Christ. Un homme qui a été chrétien seulement pendant un an, ou même pendant aussi peu de temps que l’on voudra, mais qui a vécu chrétiennement jusqu’à sa mort, a bien plus de part à cette persévérance que celui qui, après avoir été chrétien pendant de longues années, se laisse ébranler dans sa foi quelques instants avant de mourir. »
La persévérance est bien un état d’être, une vertu et quelquechose que l’on a en nous ou pas.
4 – CONCLUSION
REGRET – ESPERANCE – PERSEVERANCE
Au-delà de nos couleurs ce sont leurs significations qui sont fondamentales, n’oublions jamais pourquoi nous sommes entrés dans le compagnonnage : c’est pour ces qualités et ces vertus, toujours dans l’amélioration de soi et la sagesse.
- publié par Daniel LAURENT le 7.2.07
30.11.06
DE LA TENUE SOMBRE VESTIMENTAIRE ET CERTAINES ATTITUDES EN CHAMBRE DES DEVOIRS, LIEU PARTICULIER.
Par le Prévôt de Paris, Sophie la Flamme de Saint-Malo
Consultez le fichier ci-après.
- publié par Daniel LAURENT le 30.11.06
PROPOS DE L’INSTRUCTEUR d’AN ORIANT
Qu’est ce vraiment un symbole et à quoi servent-ils dans notre vie quotidienne ?
Par la Mirgesse de Ploemeur
Telle est la question qui a été soulevée lors du dernier convent à Voiron.
Qu’est-ce- qu’un symbole ? À quoi sert-il ?
Le mot symbole dérive du grec sumbolon signifiant mettre ensemble, joindre, comparer. Le sumbolon était constitué des deux morceaux d’un objet brisé, de sorte que leur réunion, par un assemblage parfait, constituait une preuve de leur origine commune et donc un signe de reconnaissance très sûr. Le terme symbole est apparu en 1380.
Par la suite, des formes d’abstraction comme le langage ou la gestuelle ont pu remplacer les objets dans leur fonction de représenter un engagement, une promesse, une alliance, un contrat, un pacte scellé entre deux partenaires (ex : poignée de main sera le symbole d’un accord). Dans ce sens, un symbole est donc un objet sensible qu’on « pose côte à côte avec » une réalité abstraite ou surnaturelle qu’il est destiné à représenter. Le symbole est le terme visible d’une comparaison dont l’autre terme est invisible.
Proche du sumbolon grec, les actes symboliques propres à la vie chrétienne sont appelés sacramenta dès le IIIème siècle. Chez les romains, sacramentum désigne le gage de fidélité, le serment prêté à l’Empereur. Tertullien qui a introduit le premier ce terme dans le vocabulaire chrétien explique que si le sacramentum est le signe d’un engagement irrévocable au service du christ, cet engagement n’est qu’une réponse aux sacramenta de Dieu lui-même qui s’est engagé le premier vers nous et qui nous a donné des gages du salut en Jésus-Christ. ( L’antonyme du symbole, c’est le diable : celui qui sépare. Ce qui divise est de l’ordre du diabolique, ce qui rapproche de l’ordre du symbolique du sacré du divin.)
Si je suis la définition de l’encyclopédie : C’est une représentation porteuse de sens. Ce qui vous en conviendrez en dit long et prête à de longues discussions.
Le symbole est en fait une représentation matérielle de quelque chose d’immatériel ou d’abstrait. C’est la manifestation du non manifesté. Ce qui apparaît comme une réalité visible de l’invisible. Comme le disait Creuzer (spécialiste allemand des mythes et de l’histoire des religions et de l’Antiquité), le symbole serait « situé entre la forme et l’être, entre l’expression et l’idée »
Le symbolisme fait partie de la culture populaire dans toutes les civilisations, et par là nous rejoignons la Tradition. Dans ce sens de ce qu’elle a de plus transcendantal.
C’est la raison pour laquelle nous retrouvons toujours des symboles anciens qui ont la même signification bien que n’ayant pas la même provenance géographique ou culturelle.
L’Unité est toujours symbolisée par un point, voire un rond, sans doute par l’observation du soleil, par ex. (Pour autant le soleil n’est pas lui même un symbole, c’est une image représentative. On imagine mal que deux compères découpent le soleil pour le reconstituer. Par contre ils peuvent le faire d’un rond, même s’il représente le soleil).
Le symbole est aussi une manière de se raccrocher à une appartenance, et aussi de ne pas oublier nos origines, nos racines, d’où nous venons. Car c’est bien par l’intermédiaire d’une filiation que nous pouvons à notre tour transmettre. C’est bien ce que le Christ avait demandé : transmettre l’Amour entre les hommes.
Et lorsqu’on ne peut pas toujours écrire ce que l’on pense, parce que les politiques de toutes les époques enfreignent ce droit de la liberté d?expression, il reste les symboles. Ceux-ci sont expliqués, commentés et c’est là la transmission orale des druides, des bardes, par le Verbe.
Les symboles nous servent à nous reconnaître, à nous réunir, à nous mettre ensemble C’est par leur intermédiaire que nous pouvons rester libre. Et dans le monde vulgaire dans lequel nous sommes, ce sont les clés de l’éveil du profane qui va lui permettre s’il le souhaite, de creuser un peu et d’aller plus loin pour comprendre ce qui l’interpelle dans tout son être.
Car le symbole c’est aussi une façon de résumer les choses sans devoir se perdre dans de longues élucubrations.
Je dirai que le symbole, ça se vit. C’est une dynamique qui se transmet par les vivants, par la transmission du savoir. Et c’est là qu’il faut être vigilant car aujourd’hui, dans notre société soi-disant avant gardiste, où l’on prône une soi-disant tradition à la mode (à la mode de chez nous ? .youh !) c’est en fait une véritable désacralisation de l’essentiel. Sachez que la transmission du savoir n’est pas autorisée par la loi !!! (par exemple, transmettre le savoir faire du purin d’ortie a récemment été interdit et pénalisé). On ne sait jamais !!!
Notre monde binaire malade dans son métal à vouloir tout contrôler a institutionnalisé une vraie dictature, entre le prêt à penser et la culture de la peur. Et la place du symbole dans tout ça ?
C’est notre sauvegarde. Une chose que personne ne peut altérer, car c’est ce que l’on sait, ce qu’on nous a transmis. C’est la raison pour la laquelle il est important de le transmettre à notre tour et ceci au travers des réceptions et confirmations dans nos protocoles compagnonniques, d’où l’importance du secret des épreuves, par exemple.
Les symboles à quoi servent-ils ?
À rester en harmonie avec soi-même, à définir notre appartenance et à nous reconnaître. Et dans notre quotidien ? C’est ce qui préserve un peu notre liberté de penser.
Les symboles nous en avons des particuliers, mais ils sont universels, le tout est de comprendre leur réelle signification.
Mais la connaissance de « nos » symboles, ou plus exactement de nos outils symboliques, concernera un autre chapitre de réflexion. Car avec les symboles, sont liés les protocoles et nos codes (gestuelle inclue).
- publié par Daniel LAURENT le 30.11.06
16.5.06
CHRONOLOGIE DU MOYEN-AGE
Pourquoi cette chronologie ?
Lorsque nous nous référons à notre passé, il est bon parfois de ne pas confondre les époques et les faits.
Nous avons l’intention de faire des rappels historiques de la pensée fondatrice du fait compagnonnique. cette chronologie nous y aidera.
- publié par Daniel LAURENT le 16.5.06
12.3.06
UN REGARD PHILOSOPHIQUE
conférence de Thomas LEPELTIERcosmo%20thomas.rtf
- publié par Daniel LAURENT le 12.3.06
28.2.06
PROPOS DE L’INSTRUCTEUR
Père de l’Univers
Toi seul est saint
Que règne sur nous ta sainteté
Pour que nous fassions ta volonté
Pour que nous recevions notre nourriture
Pour que nous puissions pardonner et recevoir pardon
Pour que nous résistions aux tentations
Et que soit abattu le malin
Pour que règne à jamais sur nous
Ta sainteté, ta puissance, ta lumière et ta gloire
Qu?il en soit ainsi !
Ce texte qui est dans nos protocoles se décline sous diverses versions selon les époques et les groupes.
Ainsi Hanish, sous une forme légèrement différente, l’attribuait à la tradition mazdéenne (Zoroastre).
Il ressemble au “Notre Père” des chrétiens.
Mais peu importe. La question est de savoir qu’elle est la fonction d’un tel texte, et à qui il s’adresse.
LA FONCTION DE LA PRIERE
Lorsqu’à l’âge du romantisme de ma génération, l’âge où les poèmes me fascinaient l’esprit et m’étreignaient le coeur, je découvrais la puissance contenue dans mon âme, et que Villon, Baudelaire, Vigny ou d’autres maudits, damnés oubliés, vrillaient au plus profond de moi-même la force des mots, je me souviens d’avoir récité “la mort du loup”.? Je m’y voyais?. J’étais loup et chasseur, et les mots me reviennent encore: “gémir, prier, pleurer, est également lâche !”
Et n’est-ce pas Carrel, qui constatait tristement il y a quelques cinquante cinq années, cette phrase qui cinglait comme un aphorisme, et que je vous livre aujourd’hui :
“Parler de la prière aux hommes modernes parait, au premier abord, être un effort bien inutile”.
Mais le monde matérialiste, scientifique et violent, change.
C’est le retour du refoulé.
La spiritualité (même dévoyée) jaillit dans ce nouveau siècle avec la puissance de la lame de fond, du tremblement de terre ou du feu céleste.
Des populations entières, à ne pas confondre avec les sectaires intégristes qui leur ressemblent dans l?apparence, se prosternent à heures régulières en criant “Allah Akbar !”
Des chrétiens charismatiques parlent en langue.
Le nouveau pape dont on donnait l’Institution comme désuète, réunit depuis son prédécesseur à Assise, et chaque année, les croyants de toutes les confessions pour prier ensemble pour la paix dans le monde.
Alors ?
Dans ma propre vie, j’ai attendu plus de spiritualité que les changements de mon Eglise de baptême ne semblait pouvoir m’apporter.? Pour cela j’ai fréquenté bien des groupes dont certains sont qualifiés de sataniques par d’autres que les premiers donnent comme diaboliques ?C’est dire !
Las des querelles pseudo-théologiques, j’ai un jour croisé le compagnonnage.
C’est pourquoi il m’arrive de dire en plaisantant que lorsque je suis devenu compagnon, c’était par “vocation refusée d’humanisme voire de religiosité”. Et là quelle ne fut pas ma divine surprise de rencontrer à chaque pas, spiritualité (je n’ai pas dit intellectualisme sur les symboles), religiosité (je n’ai pas dit bigoterie) et prière (je n’ai pas dit singerie rituelle).
Et je dois m’en expliquer.
La spiritualité, et ce pourra être l’objet d’un autre débat, n’a rien à voir avec la phraséologie pompeuse que l’on croise au détour de trop d’ouvrages, qui n’ont de spirituel que l’humour que le lecteur averti veut bien leur consentir.
La religiosité n’a rien à voir avec la bigoterie de ceux qui s’imaginent avoir trouvé dans un système, l’arme de guerre idéale pour la reconquête spirituelle de ce monde en perdition, et pour qui les croisades, c’était tout à l’heure ! nom de Dieu mister Bush !
La prière, comme la liturgie qui en est l’expression collective sublimée, n’a rien à voir avec les singeries de certains groupuscules que j’ai pu comme vous découvrir à la télévision ou en direct, au détour d’un programme pour soirée débile, et qui insultent le Divin. Et si on peut y trouver un vague, mais très vague, cousinage, ça n’a vraiment ni l’odeur ni même le relent de la véritable spiritualité qui elle, a donné cette expression magnifique et parait-il vérifiée par des témoins sceptiques: l’odeur de sainteté !
La pratique de nos protocoles m’a remis en contact total avec la prière de mon enfance.
Je sais, on va bientôt me demander de quelle prière il s’agit ? Un peu comme si certaines prières lavaient plus sacré que d’autres, grâce aux super enzymes de la véritable authenticité.
Vous m’accorderez que rien n’apparaît “comme ça !?”, et qu’il y a toujours un géniteur.
Je suis né en l’an de grâce 1945, mais mon père était homme du 19ème siècle. Par là même ne suis-je, par la transmission directe, plus ancien que mon voisin né pourtant avant moi mais dont le père n’est qu’un rejeton du 20ème siècle ?
Je vous dis cela parce que les querelles d’antériorité et d’authenticité de protocoles ou de rites sont à mon humble avis, désuets et mal placés lorsqu’il s’agit d’aborder le sacré, et masquent trop souvent un réel vide de compréhension spirituelle. Ce ne serait pas grave si les ignorants ne se donnaient comme censeur !
C’est le même raisonnement de l’antériorité mal comprise qui conduisit des juifs à faire crucifier le Christ. Ne revivons pas les mêmes archétypes négatifs !
Je disais donc que la pratique de nos protocoles m’a remis en contact avec la prière de mon enfance.
Mais quelle prière ?
Un attitude physique de respect, une rectitude morale de désir, un appel d’Amour pour l’Oeuvre crée qui est la chair créatrice, que pour simplifier on nomme le Créateur de l’Univers. Encore qu’il en soit comme de n’importe quel nectar : Il n’existe que grâce à la vertu de son contenant. Un contenant sans nectar contenu ne sert à rien. C’est l’Univers en tant que contenu, qui donne son sens au contenant créateur.
C?est en fait l?image du Yin ? Yang.
Deux parts Yang pour une part Yin.
Yin est le contenu.
Yang est à la fois le contenant et le dynamisme du contenu.
C’était tout cela que l’on m’enseigna. Je ne sais si je fus un bon élève, mais la prière secrète est restée pour moi un besoin, une nécessité comme de manger et de respirer.
De même dans la pratique des protocoles, tout y est ? Si on le veut bien? Car si on ne le veut pas, non seulement on brise l’égrégore mais en plus s’achève la magie à l’oeuvre dans le Grand Oeuvre !
La prière relève du spirituel, et cela est aussi indispensable à notre épanouissement dans la vie, que notre réussite matérielle ou intellectuelle. Et si notre société a méprisé cet aspect indispensable à notre développement comme à celui de notre environnement, c’est que la prière ne relève pas du mesurable.
Encore que ses effets puissent peut-être, être appréhendés, mais cela est une autre histoire.
En outre la prière échappe pour partie, à la mise en formule réservée au spécialiste. (Pauvre spécialiste !)
A ce sujet, on raconte cette histoire, dans le golfe du Morbihan, de cet évêque qui décida un jour de visiter les îles pour s’assurer que ses ouailles priaient conformément à l’enseignement des meilleurs des livres de théologie.
Je ne saurais franchement vous dire sur quelle île il accosta avec ses moinillons et autres clercs, mais toujours est-il qu’il rencontra un berger qui ne demandait pas mieux, le bougre, de confesser ses fautes, son ignorance et son désir d’apprendre les formules.
L’évêque, ravi, lui enseigna comment prier.
Le berger en était transporté d’allégresse.?
Et tandis que l’évêque s’en retournait avec sa cour, heureux du devoir accompli, vers le continent, il eut la ?surprise ? c’est le moins que l’on puisse dire ? de voir courir le berger, sur l’eau, et rattraper le bateau !?
“Monseigneur, monseigneur,” criait -il, “après “que ton nom soit sanctifié”, j’ai oublié la suite !”
L’évêque comprit à cet instant tout le gouffre qui séparait non seulement la lettre de l’esprit, mais aussi l’esprit du coeur.
Car la prière, payses, pays, est un appel du coeur.
Et “l’on prie, de même que l’on aime, avec tout son être”. (Alexis CARREL)
Bien sûr le mode de prière peut changer, de la pensée furtive au chant solennel, de la formule magnifique au bredouillis du bougre, en passant par l’incantation du Chaman. Mais qu’importe la forme, nulle n’est supérieure à l’autre et toutes ont leur efficacité, si l’on admet que c’est l’Etre qui donne forme et mouvement aux choses et aux faits, et si l’on admet ces deux moteurs de la prière qui sont la détresse et l’amour.
Cela explique peut-être pourquoi il est plus efficace de prier pour autrui que pour soi-même. “Vertu de la prière” , ainsi voulais-je d’abord intituler mon propos !
Pour imaginer ne serait-ce que le concept de prière, encore faut-il admettre deux pôle: celui qui prie, et celui à qui s’adresse la prière.
Nulle prière sans croyance en quelque chose ou en quelqu’un.
Or nous avons besoin de représentations concrètes, d’icônes pour certains. La prière est plus facile si elle s’adresse à du concret : un Père,un Seigneur, un Grand Architecte. Elle s’affadit si l’on s’adresse à une sorte d’entité floue, force cosmique sans nom? donc que l’on ne peut nommer ? donc qu’on ne saurait prier ? car la prière est aussi un dialogue, un échange, un flux d’humilité à l’aller pour un reflux d’amour au retour. Pourquoi cela ? Parce que nous sommes partie intégrante de l’Univers, de la nature, de la matrice divine, et nous sommes formatés par nos limites. Seuls quelques êtres d’exceptions peuvent appréhender l’infini, et comme dirait le bouillonnement, de vivre et penser « exo centrés ».
C’est pourquoi s’adresser à un être proche et cependant lointain, fait que la prière devient une manière de vivre, une nourriture spirituelle, et elle agit immanquablement sur tous les niveaux de notre Etre, du spirituel au physiologique, selon le principe du pictogramme de l?Homme.
Payses, pays, je ne veux pas vous paraître comme un mystique inquiétant et bientôt un gélatineux sectaire. je veux vous faire partager cette passion de la vie spirituelle qui me donne ma véritable raison de vivre, d’agir, de créer et surtout d’espérer. Ce mouvement vital, c’est la prière que je pratique personnellement, et que je partage entre autre en tenue, au cours de la chaîne d’alliance, quand chacun dans son coeur remercie la vie de ses bienfaits et lui demande de les déverser sur tous les compagnonnes et compagnons, sur leur famille, et au delà, sur l’humanité entière.
Et maintenant permettez-moi de résumer mon propos.
- Pourquoi prier ?
- Qui prier ?
- Comment prier ?
- Où prier ?
- Quand prier ?
Faut-il prier ? C?est une question, à laquelle vient s’ajouter l’autre question fondamentale : qui prier ?
La prière est donc avant tout un moyen de communication et d’échange vertical, et non pas horizontal comme entre deux êtres de même niveau.
Pourquoi prie-t-on ?
Essentiellement pour adorer et pour demander.
Reconnaissons que la prière est plus spontanée lorsque l’on souffre, et s’oublie facilement par la suite. C’est la prière cachet d’aspirine, toujours prête à l’emploi, et de ce fait totalement inefficace et ne témoignant que de notre puérilité.
Est-ce nécessaire de prier ?
N’existent-t-il pas des choses plus importantes à réaliser dans la vie ? D’autant que prier régulièrement prend du temps.
Carrel constatait : “Les milieux où l’on prie se caractérisent par une certaine persistance du sentiment du devoir et de la responsabilité”. Il ajoutait : “La prière, semble-t-il, soulève les hommes au-dessus de la stature mentale qui leur appartient de par leur hérédité et leur éducation. La paix rayonne d’eux. Et ils portent la paix partout où ils vont”.
Mais tout dépend bien entendu, de la qualité de la prière, de son intensité et de sa fréquence.
Alors, comment et où prier ?
Existe-t-il une méthode meilleure que les autres ?
Les religions sont porteuses de tradition (au moins un peu) et il est intéressant de les étudier. Or, on constate que toutes les religions, hormis leurs conseils spécifiques, sont d’accord sur le point suivant :
Dieu n’écoute l’homme que si celui-ci établit le calme en lui-même. Or notre calme intérieur dépend à la fois de notre état organique, énergétique, émotionnel, mental et spirituel, mais aussi du milieu dans lequel nous nous trouvons.
C’est pourquoi notre protocole recommande de “s’isoler des turbulences du monde profane”.
C’est ce que fait aussi le musulman sur son tapis qui constitue une sorte de petit temple portatif.
C’est de que font les chrétiens en s?assemblant dans les églises. Mais en fait il suffit de prier dans sa tête?
C’est d’ailleurs ce qu’enseignait Epictète lorsque il disait “pense à Dieu plus souvent que tu respires”.
Alors, c’est vrai, dans ce cas, toute conduite peut s’inspirer du Ciel, en totale discrétion, et la prière devient une manière de vivre, et si elle n’est pas tournée vers l’égoïsme, elle sera inéluctablement suivie d’un résultat, lequel n’est pas forcément celui que l’on attend, car « les voies du Seigneur sont impénétrables ».
Dans un rituel maçonnique, ne reprend-t-on pas cette phrase de l’Evangile : “demandez et vous recevrez, frappez et l’on vous ouvrira.”?
La prière est-elle plus efficace accompagnée de magnificence? Doit-on prier avec l’intensité d’un Saint fondateur tel Bernard de Clairvaux par exemple ?
Seule l’intention pure est requise, et les simples mots récités par la vieille auprès du calvaire à la croisée des chemins peuvent d’avantage faire vibrer l’univers que le plus magnifique des chants grégoriens résonnant sous les voûte d’une cathédrale.
C’est vrai aussi qu’un rituel précédant la prière peut aider à entrer dans le monde du sacré. C’est ce que nous faisons en tenue, c’est aussi ce que fait le musulman en se purifiant, c’est ce que fait le catholique par le signe de la croix.
Car pour l’Homme de la Tradition, la prière est à la fois une attitude physique, émotionnelle, mentale et spirituelle qui doit lui permettre d’être parfaitement relié à la Terre pour mieux appréhender le Ciel.
C’est pourquoi la prière est d’abord une manière de se tenir, de rester immobile ou de bouger, autant de manières différentes libres ou codifiées, pour mieux gérer l’Espace en soi.
C’est pourquoi la prière passe aussi par la récitation de mots, spontanés ou codifiés, issus du coeur ou destinés à éveiller le coeur, voire l’Esprit comme dans le cas des mantras orientaux ou dans la prière modèle du christ, le « Notre Père », qui contient 7 demandes : 3 pour le Ciel et 4 pour l’homme?
Et puisque la prière s’appuie sur la gestion de notre espace, encore faut-il qu’il rythme notre temps.
La prière rythme notre temps intérieur, et il existe des prières propres à chaque phase importante de notre existence. Cela commence par la prière du baptême, ou de la circoncision pour d’autres, qui nous accueille dans la société des croyants, et se poursuit par les prières qui jalonnent notre vie, du mariage à la mort?
Mais la prière rythme aussi le temps extérieur, celui des jours et des nuits, des saisons, et le croyant n’omet jamais de commencer et finir sa journée par une prière, de même pour son repas. Et il n’oubliera pas la prière collective hebdomadaire : Dimanche pour le chrétien, Samedi pour le juif, Vendredi pour le musulman et il reste 4 places à prendre ? ?.
L’année elle-même n’échappe pas aux jalons de la prière : ainsi du carême ou du ramadan.
Bref, les modalités de détails changent, mais les principes sont les mêmes. L’humanité a toujours su comment, où et quand prier ?
Lorsqu’elle oublie cela, c’est le règne du matérialisme égoïste qui revient, et la barbarie ne tarde guère.
Que le Père de l’Univers nous en préserve. Ainsi, en ces quelques mots adressés en prière, ai-je dit payses et pays.
Daniel LAURENT
- publié par Daniel LAURENT le 28.2.06
PANTHÉISME ET TRADITION
Puisque John Toland a été cité, revenons sur le LE PANTHEISME avec cette conférence de Régis BLANCHET
La pensée métaphysique contenue dans le mot « panthéisme » est certainement une des plus anciennes au monde, alors que le vocable, lui, est très récent et date de 1705 sous la plume du philosophe irlandais John Toland, un de élèves des cercles spinoziens de Leyde.
Les racines grecques « pan » et « theos » forment le concept suivant : Tout est dans Dieu, Dieu est dans tout. Nous sommes ici sur le plan exclusif d’un schéma d’immanence où l’univers est présenté comme le corps d’une grande unité aux mille facettes, qui n’a jamais commencé et ne finira jamais. Tout est sacré, rien n’est profane, l’homme est immergé dans le divin même s’il ne le voit pas. En tant que créature, il porte en lui, comme tout ce qui est vivant, du brin d’herbe à l’éléphant, une parcelle divine qui le relie au Grand Tout par fusion. Le panthéisme s’oppose fondamentalement à toutes les thèses créationistes et se trouve très proche des grande remises en question apportées par l’astrophysique par exemple. C’est une pensée moderne.
C’est pourquoi il est possible de dire que le panthéisme est une approche contemporaine du sacré qui garde toute sa saveur dans les paganismes antiques, mais aussi dans les trois branches d’ Abraham, les religions juive, chrétienne et islamique. En effet, chez les Chrétiens, Jean Scot Érigène fut un panthéiste ainsi que Maître Eckart, parmi d’autres comme Amaury de Bène ou Giordano Bruno. Avicebron fut un panthéiste juif Avicenne et Averroës furent des panthéistes de l’Islam. Tous ces auteurs furent un jour ou l’autre condamnés par leurs autorités respectives au nom d’un dieu que l’on voulait imposer comme transcendant, c’est-à-dire séparé du monde mais y intervenant selon sa volonté et par révélations successives . Ainsi, le panthéisme est une voie trans-culturelle et trans-religieuse sans pour autant tomber dans le syncrétisme. Il est hérétique selon les canons romains quand il se révèle en chrétienté ; il est païen quand il habite des traditions préchrétiennes. Il est toujours combattu par la pensée unique transcendante. D’où tient-il cette force puisqu’il se révèle avoir été une constante dans la pensée humaine particulièrement dans les courants libertaires néoplatoniciens depuis plus de deux mille ans. Le panthéisme tient sa force de la vie qui nous entoure. Tout étant sacré, tout étant le réceptacle d’une des hypostases hiérarchisées de la Grande Divinité – quelle que soit sa dénomination religieuse – la prise de conscience du monde et de la nature engendre la prise de conscience de la divinité qui l’anime (le mot étant pris dans son sens « anima », l’âme). Le panthéisme n’est pas doloriste, bien au contraire, il fait percevoir la nature comme un panthéon d’énergies hiérarchisées avec lequel l’homme dialogue librement au rythme des saisons, des mois, des semaines, des jours. L’homme qui régénéra cette métaphysique afin de la projeter dans notre modernité fut Baruch Spinoza au XVIIe siècle ; John Toland en fut un des propagateurs parmi d’autres comme Swedenborg, Goethe, Schiller, George Sand, Saint-John Perse, Jung, etc. Dès lors, pour revenir maintenant à la question de départ abordant les rites, les rituels et le sacré, le panthéisme a une approche très claire de ces domaines et ne peut les ignorer. Les rituels sont contenus dans des rites qui tous sont une tentative de relation au sacré. Le mot « rite » vient d’une racine sanscrite « rita » qui signifie « ce qui est semblable à l’univers ». Les rituels sont donc le plus souvent des « mimes de l’univers » mettant en oeuvre principalement le ciel et la terre, les étoiles , le soleil, la lune, les quatre éléments, etc. Ainsi, le temps d’un rituel, l’homme devient un dieu qui régit le monde ; c’est bien là que la fusion avec la dimension sacrée est possible. L’intuition prophétique est ici très nécessaire pour que le «sens » du geste et de l’intention ne perde de sa consistance. Le panthéisme est une invitation au rituel, à tous les mimes de la nature qui impose ses rythmes à tous ; c’est une remise en place de l’homme au sein d’une nature respectée parce qu’entièrement sacrée et vivante. Partant de là, le panthéisme va faire travailler les deux cerveaux de l’homme , le raisonnable et l’intuitif. Par l’étude raisonnable de la nature, par l’expérimentation, par un regard d’entomologiste, l’homme va se poser des questions raisonnables : pourquoi ce sont les fleurs qui choisissent leurs insectes fécondateurs en sélectionnant leurs couleurs et non pas le contraire ; pourquoi la géométrie du cinq se retrouve dans tous les règnes vivants ; pourquoi certains mammifères supérieurs ont des rites mortuaires ; pourquoi les arbres se battent-ils entre eux et comment perçoivent-ils la présence de l’autre, etc. Il y de l’intelligence dans tout cela. Et le cerveau intuitif de prendre le relais dans un mode prophétique personnel. Chaque élément naturel est le support d’un petit dieu. Les plantes médicinales sont de la chair des dieux dont on tire des vertus pour les hommes. S’immerger dans la nature, c’est aussi s’immerger dans soi-même, mais aussi dans une divinité immanente, simple, unique et multiple à la fois, et nous retrouvons là le plus vieux thème initiatique de l’humanité venant du bon vieux Socrate : « connais-toi toi-même et tu connaîtras la nature et les dieux». Les rites et les rituels ne sont qu’une harmonisation, un mime, une danse joyeuse et sérieuse à la fois, un mariage analogique entre les deux natures du monde et les deux natures de l’homme, les dimensions matérielles et les dimensions spirituelles, dans une fusion des mondes au fond du creuset de l’immanence. Quand le dieu est transcendant, il faut mourir pour aller le retrouver dans un Autre Monde après une longue marche doloriste et pénitentielle ; quand le dieu aux mille facettes est immanent, le dialogue avec les dieux devient constant là et dans le mouvement, parfois, c’est un banquet, parfois, c’est combat, mais il n’est nul besoin d’aller «ailleurs» pour s’immerger dans le sacré. Cet esprit festif et sacré, nous allons en retrouver les meilleurs traces toujours dans le monde rural. Le panthéisme, la ville et la campagne. Bien que le panthéisme soit une métaphysique extrêmement élaborée défendable dans toutes les bonnes universités – et les oeuvres de Spinoza le démontrent suffisamment – sa mise en pratique demande un environnement naturel le plus libre possible, et les villes ne portent plus cet avantage expérimental. En effet, c’est bien dans les campagnes que les anciens rites natifs – aujourd’hui passés le plus souvent dans une dimension coutumière ou touristique – gardent une résonance avec le rituel et le sacré. Ici, c’est un « fest noz » breton, une de ces «fêtes de la nuit» que les évangélisateurs chrétiens tentèrent d’éradiquer ; là-bas c’est un pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle dont les racines sont préchrétiennes ; là encore, ce sont les vieilles recettes des grands-mères et des rebouteux qui rappellent le chaudron des sorcières qui fut celui des druides d’avant. Jeux, danses, chants, contes, habits traditionnels, sont autant de rites fondateurs d’inconscients collectifs qui ne veulent pas mourir. Et ils ont bien raison, car sur ce plan ethnologique, les valeurs de la ville n’ont rien à leur donner en échange ; c’est une question d’identité collective, mais aussi d’identité personnelle. C’est, par voie de conséquence, une question de liberté, et particulièrement de conscience. En tout état de cause, il semble clair que le panthéisme trouvera un ferment particulièrement dynamique au contact de la pensée rurale dont l’essence même repose sur un dialogue avec la nature engendrant le respect qui lui est dû. Ceci permet aussi de dire que, sur les plans traditionnels, métaphysiques et spirituels, le panthéisme provoque une vision écologiste en ce qui concerne le comportement humain puisque tout étant sacré, rien n’étant profane, tout ce que l’homme ponctionne dans la nature se fait sous le mode du sacrifice et de l’économie divine, et non pas sous le mode d’une délégation divine permettant à l’homme de faire ce qu’il veut d’un monde profane qu’il habite, le salut étant ailleurs. Le panthéisme n’est pas hédoniste. Rites, rituels, sacré, présence à soi-même et l’absence de dogme. Il n’y a rien de plus sérieux, il n’y a rien de plus adulte, il n’y a rien de plus libre, il n’y a rien de plus grandissant pour l’homme que le rite et le sacré dans la mesure où ces matières ne s’articulent pas sur des dogmes invérifiables. C’est bien là que parfois le sacré est opposable au religieux. En effet, le rite est expérience personnelle et collective ; il est porteur d’un savoir, ou plutôt d’une connaissance, d’une naissance à soi-même et aux autres. Dans un cadre évocatoire, le rite est horizontal et relie les vivants et les morts par le souvenir que nous gardons d’eux. Dans un cadre invocatoire, le rite est verticall et relie l’homme et le sacré en « nommant » les énergies qui donnent «sens » à son environnement. Dans un cadre incantatoire, l’homme devient démiurge et appelle à la concentration de toutes les forces afin d?agir dans les deux mondes. Mais, quelle que soit la formule employée, le rite est avant tout expérience et présence à soi-même car tout acte rituel n’a de « sens » que s’il est sous-tendu par une volonté, un désir, une tension intérieure, une intention profonde et authentique. Sinon il tombe dans l’apparat magico-lyrique ou dans la théologie intégriste de l’acte fonctionnant ex opere operato. Ce n’est pas le rite qui est magique, c’est l’homme dans l’étonnant foisonnement de ses possibilités qu’il est appelé à explorer sous le contrôle d’une expérience transmise par les Anciens et qui a fait ses preuves. Le rite est aussi garde-fou car il est également un héritage et non pas une invention du moment. Il est patrimoine de l’humanité.??Je vais ici donner un exemple. Il suffit de superposer le vieux schéma antique des neuf muses de Plotin et le très moderne énéagramme utilisé maintenant en psychologie pour comprendre que les neuf points articulant la psyché humaine étaient connus depuis la plus haute Antiquité. Cela formait une connaissance qui se transmettait de génération en génération sous la forme de mythes fondateurs et de rituels structurants apportant une connaissance intuitive de l’homme et cependant expérimentale aussi. Introduisez un dogme, ou plus, dans de telles transmissions et l’homme n’a plus qu’à croire ce qu’on lui permet de croire ; il n’est plus appelé à l’expérience, mais à l’obéissance. Cette castration mentale apporte toujours des systèmes impérialistes, doloristes et pénitentiaires. Rites, rituels et hiérarchies spirituelles. Toutes les spiritualités s’articulent autour de la perception prophétique, puis de la nomination d’un certain nombre d’entités qui généralement se résolvent toutes dans une grande unité neutre. Par exemple, et puisque nous sommes en Bretagne, nous pourrions prendre en exemple la théologie celtique ancienne où nous voyons des triades de dieux et de déesses procédant les uns des autres en une échelle presque infinie d’hypostases, tout en se résolvant in fine dans une émanation unique, Lugos-Logos, lui-même étant issu d’un grand dieu neutre qui avait pour nom “Ce qu’on ne nomme pas”. La théologie chrétienne, qui n’a pas vraiment innové en la matière, possède aussi son Dieu lointain, suivi de son ternaire, lui-même suivi des hiérarchies d’archanges, de dominations, de principes, de puissances, etc. pour finir par les saints et les bienheureux. Ces hiérarchies font partie de la Trinité sous la forme de l’Esprit qui se présente à l’homme comme la partie de Dieu communicable aux hommes. C’est un schéma plutôt immanent. Quand on superpose ces deux schémas – hors de toute réflexion dogmatique bien sûr que le mouvement soit remontant ou descendant, il n’y pas grande différence. Avec le temps, les monothéismes vont durcir leurs théologies et tenteront de mettre tous les anges dans le placard, car ils avaient une tendance à trop rappeler les dieux de l’ancien temps. Mais surtout ils étaient un obstacle théologique majeur à une définition transcendante de Dieu puisqu’ils avaient pour attribut d’être permanents dans l’immanence. Cette réalité fut à la source de bien des hérésies. Il est fondamental, quand on aborde les notions de rites et de rituels, ou qui plus est, de sacré, d’aborder cette facette de la métaphysique car il n’y a pas de rituels sans référents. Un rituel se met le plus souvent sous l’égide d’une entité, d’un référent, et il est important de bien discerner à qui l’on s’adresse, à un ancien (évocation), à un être intermédiaire ou à un dieu (invocation). Chacun est libre de faire ce qu’il veut mais à la seule condition de bien connaître les clés et leurs correspondances avec les portes… et les légendes disent qu’il en est certaines qu’il ne vaut pas mieux ouvrir. Une vision panthéiste des rites et des rituels sera particulièrement vigilante sur ce point ce qui laisse supposer quelques années d’études en bonne et due forme. Le panthéisme est exigeant sur bien des aspects car, répétons-le encore une fois, il impose l’expérimentation individuelle comme base de préhension d’une connaissance objective même dans les domaines spirituels. Rites, rituels, sacré et la pensée unique. Une vision panthéiste du monde ne peut par définition être dogmatique, car elle fait appel à l’expérience individuelle et collective ; transculturelle et transreligieuse, cette vision du monde s’attache bien évidemment à la conservation et la mise en pratique de tous les rites existants pourvu que ces derniers ne soient pas castrateurs et qu’ils soient de bons outils d’accouchement dans le cadre du « connais-toi toi-même ». Tout ici repose sur la liberté de conscience et le libre accès à toutes les connaissances, seuls ferments valables pour élargir conséquemment nos champs de conscience. Pourquoi donc ? Les rites, les rituels, sont comme des livres. Si vous voulez une belle bibliothèque pour enrichir vos connaissances, et si vous n’êtes pas un monomaniaque de tel ou tel sujet, il faudra qu’elle soit diversifiée, de qualité et bien rangée afin de ne jamais rien confondre. La liberté fondamentale de l’individu dépend essentiellement de la diversité des choix qui se présente à lui. Imaginez un instant qu’il n’y ait plus qu’un seul type de rituels autorisé, ce serait le menu unique pour tous, ce serait l’établissement d’une pensée unique, ce serait la fin de la liberté spirituelle de l’homme. C’est en cela que certaines religions expansionnistes monothéistes sont dangereuses parfois car elles ne provoquent plus de relation au sacré, mais bien plus sûrement à la soumission. Sur les plans que nous évoquons aujourd’hui, il est certain que l’avenir de l’homme dépend de sa capacité à conserver la pensée multiple de l’ensemble de ses ancêtres. En conclusion…Je voudrais ici rappeler pour finir que les rites, les rituels et le sacré sont plus une affaire d’hommes qu’une affaire de dieux. Tant que l’homme n’oubliera pas qu’il fait partie d’un Tout sacré dans lequel rien n’est profane, tant qu’il se souviendra que, par voie de conséquence, il fait partie lui-même de la chair des dieux et qu’il ne tient qu’à lui de se le révéler à lui-même par le travail et l’expérimentation, ainsi son travail sera transmissible pour le mieux-être des générations à venir. Ainsi, rites, rituels et sacré ne sont que des interfaces utilitaires de la liberté de conscience, seul but à atteindre si l’on veut être présent à soi-même qualitativement.
- publié par Daniel LAURENT le 28.2.06
QUI ETAIT JOHN TOLAND ?
texte tiré de l’oeuvre de R.Blanchet
John Toland va populariser le panthéisme en Angleterre et le rendre plus accessible en tant que vision du monde à vivre. Il est né à Londonderry (Irlande) en 1670 d’une famille catholique ; ses parents l’éduquent aussi dans les légendes de son pays. Elève doué, il fit ses études en Écosse à Édimbourg et à Glasgow. Rejetant son patrimoine clanique irlandais qu’il prenait pour des niaiseries, il se dirige vers la théologie et se convertit au protestantisme. A Leyde, il rencontra les fameux cercles d’études fondés par Spinoza ; ses options panthéistes, ainsi que leur nette formulation encore à venir, trouvent ici leur source. A Oxford, fervent lecteur de la Bodleian library, il y rencontra John Aubrey qui fit partie des universitaires oxfordiens qui engendrèrent la Royal Society. Il fut surtout le 1° archéologue des temps modernes et le 1° scientifique à identifier avec certitude la civilisation celtique en tant que culture patriarcale des îles de Bretagne à la suite de ses gigantesques travaux qu’il accomplit sur le site de Stonehenge, entre autres. Cette découverte fut un coup de tonnerre culturel qui eut de nombreuses conséquences dans de nombreux domaines, y compris sur le plan politique. John Aubrey, souvent critiqué pour son amour immodéré de l’ancienne religion des Celtes, le druidisme, se disait le filiateur d’un très ancien nodule celtique qui transitait depuis des siècles au sein des collèges d’Oxford dont le nom était Mount Haemus. Lorsque l’on sait qu’un des Bosquets du futur Druid Order (Grove) – l’équivalent d’une loge – prendra le nom de Mount Haemus, et qu’il s’y trouve toujours de nos jours, nous comprenons mieux comment John Aubrey peut être considéré comme le grand-père du Druid Order et que ses vues transitèrent par John Toland, mais aussi par les frères Gale et Pierre Desmaiseaux, futurs fondateurs de ce néo-druidisme et intimes d’Aubrey, tous membres, sauf Toland, de la Royal Society.?De retour à Londres, polémiste vigoureux, Toland se fait reconnaître dans le milieu des philosophes anglais. Il apparaît que ce dernier fut bien en contact avec les éléments humains et universitaires qui furent au centre de la conversion de l’Invisible Collège en Royal Society en 1660 à Oxford? Les héritiers philosophiques de ce groupe travaillèrent à la mise en place de la maçonnerie de 1717 et, avec l’aide des Antiquarians, du Druid Order de la même date (Oxford au XVIIe siècle, 2 tomes, Jardin des Dragons, Les Éditions du Prieuré, Rouvray, 1994). Nous pouvons en déduire très sereinement que Toland était déjà très imprégné dans la décade 1690 par les idées et les buts très progressistes de l’aile marchante de la Royal Society.?Affrontant violemment tout ce qui est catholique et aristotélicien, il est rapidement obligé de fuir l’Irlande. De 1700 à 1707, il est à Londres au contact de cercles philosophiques locaux plus panthéistes qui vont profondément l’amener à condenser ses concepts en des oeuvres écrites. C’est à cette période qu’il inventa d’ailleurs le mot “panthéisme” qui se répandit comme une traînée de poudre pour caractériser tous les mouvements platoniciens réactivés par les oeuvres et la pensée Spinoza. Lesdits mouvements se cristallisent en salons et banquets socratiques très inspirés de l’épicurisme de Saint-Évremond. Il affiche politiquement un républicanisme qu’il appuie sur les pensées des penseurs antiques chantant les valeurs de ladite république (Platon, Cicéron, Caton, Xénophon, etc.).?Les polémiques incessantes de Toland le font quitter Londres en 1707 et il commence une traversée du désert en Europe germanique où il se mélange à tous les mouvements panthéistes et affronte des philosophes comme Leibniz. L’inimitié qui opposa ce dernier à Spinoza se réincarna au contact de Toland avec lequel il eut des débats contradictoires des plus vigoureux. C’est à lui que Toland aurait énoncé cette profession de foi panthéiste en réponse à une question lui demandant sa patrie d’origine:?”Le Ciel est mon père, la Terre est ma mère, le Monde est ma patrie et tous les hommes sont mes parents.”?En 1710, il revient. Panthéiste convaincu et militant, il propose au monde anglo-saxon une reprise éthique de type pythagoricien et platonicien qui, selon lui, est la seule voie religieuse possible dans les années à venir pour vaincre les confrontations religieuses de son temps. Il soutient que seule la liberté de religion peut amener la paix sociale et que la voie panthéiste dans sa tolérance et son non-dogmatisme doit s’imposer aux Églises constituées qu’il juge trop séparatrices et mères de toutes les souffrances humaines.?Il participe activement à la préparation maçonnique de 1717, mais aussi de la druidique de 1717, par des apports philosophiques non négligeables que l’on isole fort bien dans l’article Ier des Constitutions d’Anderson de 1723. ?Fut-il maçon? probable mais non prouvé ; il fut le 1° Grand Druide du Druid Order en 1717 en compagnie de William Stukeley et de Pierre Desmaiseaux, ce dernier étant un enfant de la 2° génération de la Révocation de l’Edit de Nantes comme Jean-Théophile Désaguliers. Un mariage dans ce Druid Order philosophique est très clair entre les thèses uniquement panthéistes et philosophiques de Toland et celles uniquement celtiques de William Stukeley, l’archéologue de Stonehenge, membre de la Royal Society. Toland, toujours marqué par les “niaiseries” irlandaises de ses parents qu’il juge superstitieuses, concède à Stukeley un panthéisme druidique non sans émettre quelques réserves sur le réalisme des traditions celtiques. Il l’écrira en clair dans son testament philosophique, le Panthéisticon, en 1720.?”Il n’est pas nécessaire d’en dire davantage sur la façon dont les panthéistes s’ornent l’esprit. Les panthéistes peuvent être justement regardés comme prophètes et d’une nature mystique. Car de même qu’autrefois les druides qui avaient l’esprit plus élevé, étaient liés par des sociétés (suivant en cela les règles de Pythagore), se sont élevés par l’étude des choses les plus cachées et les plus obscures, de même les associés socratiques s’appliquent à toutes les recherches où se sont illustrés les druides et les disciples de Pythagore. Les uns et les autres ont établi des sociétés. Les nôtres n’admettent pas cependant tout ce qu’ont dit et fait les premiers, car lorsqu’ils s’éloignent de la vérité, nous nous éloignons aussi d’eux, mais nous louons beaucoup ce qui nous en paraît digne, rendant grâce à ceux par le moyen desquels nous profitons en quelque chose, de quelque manière que ce soit.” Cette oeuvre peu connue va être au centre de la Relation apologique de 1738 et il semble aussi qu’elle aura un impact non négligeable sur la version des Constitutions d’Anderson de 1723 – Art.Ier, “concernant Dieu et la Religion”. ?Ce qu’il faut noter dans la vie de Toland, c’est qu’il fut reçu et protégé en 1697 par Sir Thomas Molyneux à Dublin et que celui-ci aurait été détenteur d’un écrit maçonnique daté de 1711 laissant apparaître déjà l’esquisse d’un troisième grade. ?En ce qui concerne John Aubrey (prof. de Toland à Oxford ,mort en 1697) il eut des contacts répétés et fructueux avec Inigo Jones – l’architecte de Charles Ier – dans les années 1660, alors qu’ils faisaient des fouilles et des recherches sur le site mégalithique de Stonehenge et d’Avebury. Les thèses développées par eux à cette époque attribuaient la mise en place de ces mégalithes aux druides; ce fut leur seule erreur qui engendra une “celtomanie druidique” à cette époque et qui continua au 17e siècle. Si les traditions spirituelles celtiques honorèrent les mégalithes, il est clair que lesdits Celtes n’en sont pas les maîtres d’oeuvre et que ce rôle doit être attribué à une civilisation antérieure, les mégalithiques, dont les restes affaiblis semblent littéralement se fondre dans la grande vague indo-européenne de 1500 av. J.-C.?Ceci posé, nous comprenons mieux comment le panthéisme de Toland, en se mariant aux recherches celtiques d’Aubrey et de Stukeley, aboutit à la naissance d’un panthéisme celtique sous la forme de ce Druid Order de 1717 qui fusionne en sa naissance avec la maçonnerie londonienne et que les rapports, tant culturels que humains, entre ces deux mouvements ne sont pas accidentels ni hasardeux. Les oeuvres “apologiques” en seront la preuve puisqu’elles mettent en évidence une maçonnerie panthéiste et pythagoricienne citant des pans entiers de l’oeuvre de Toland, et qu’il faut considérer non pas comme une maçonnerie marginale mais plutôt comme le reflet d’un mouvement suffisamment étendu pour que le Vatican fasse des autodafés de sa littérature et fulmine des bulles d’excommunication à son encontre. Toland mourra en 1722, non sans avoir marqué irrémédiablement toutes les personnes qui l’auront approché. Arrogant jusqu’au bout, voici son épitaphe:?”Ci-gît John Toland qui, né en Irlande près de Londonderry, étudia en Écosse et en Irlande, et également à Oxford devenu adolescent, et ayant été plus d’une fois en Allemagne, passa son âge d’homme aux environs de Londres. Il cultiva toutes les littératures, et sut plus de dix langues. Champion de la Vérité, défenseur de la Liberté, il ne fut ni le partisan ni le client de personne; ni les menaces et les maux ne le détournèrent d’aller jusqu’au bout de la route choisie, subordonnant l’intérêt au Bien. Son âme est réunie au Père céleste dont il sortit autrefois. À coup sûr, il ressuscitera pour l’éternité, mais jamais il n’y aura un autre Toland. Il naquit le 30 novembre. Le reste, cherche-le dans ses écrits.?”Veritatis propugnator! Libertis assertor!”
- publié par Daniel LAURENT le 28.2.06
26.2.06
CELA NE S’INVENTE PAS
Ce n’est donc pas d’hier que la fraternité va si bien à nos deux pays !
Trouvé sur google
“Généalogie de la famille Roy”
Jean Roy, dit La liberté, est né en 1648 à Saint-Malo en Bretagne. … Jean Roy est recensé au Cap au Sable en 1686 sous le nom de La liberté. …
- publié par Daniel LAURENT le 26.2.06
25.2.06
SOYEZ ASSIDUS
Le Prévôt d’An Oriant nous rappelle que
la présence aux escales
est une condition du progrès sur le chemin,
tant personnel que collectif.
Merci de tous nous en souvenir
- publié par Daniel LAURENT le 25.2.06
HUMOUR ET PSEUDO SYMBOLISME
A peine avais-je mis une liste de sites à disposition, que l?on me faisait remarquer le risque du « n?importe quoi ». C?est vrai, prenons garde à ne pas sombrer dans l?art de tirer par les cheveux les textes. C?est hélas, moyen très utilisé et d’une application simple. En effet, on peut prouver n?importe quoi et tous les moyens sont bons.
Pour illustrer avec humour cette façon de procéder, je me suis posé la question capitale que voici : le Pierrot de la chanson était-il compagnon?
Essayons donc ensemble de filtrer la quintessence initiatique de cette chanson d’apparence anodine mais dont le sens profond n’échappera pas aux initiés que nous sommes ?
“Au clair de la lune…..”
Déjà rien qu’à ces mots, le soupçon peut naître
car la lune est bien une référence à la symbolique en général, et au Nord en particulier? Et nous savons comment sont orientées nos chambres des devoirs?
“Mon ami Pierrot…”
Le soupçon se confirme. En effet pourquoi pas Georges ou Henri. Ce n’est sûrement pas pour rien qu?il se nomme Pierrot. C’est une référence à la pierre, et la pierre, on sait ce que c’est dans le compagnonnage du bâtir?
“Prête-moi ta plume?”
Pierrot a donc une plume, élément aérien d’une part, et d’autre part que fait-on avec une plume? On écrit ! On écrit quoi? Sa demande de réception ou son testament dans la chambre de préparation. Ou bien ?un mot?, comme dit la phrase suivante, et le mot … C?est bien à certains mot que l?on reconnaît un compagnon, n?est-il pas ?
“Ma chandelle est morte, je n’ai plus de feu”?
Il n’a plus de lumière, il cherche la lumière ? Mais aussi seconde référence aux quatre éléments! Et c’est bien une idée initiatique que celle de vouloir se chauffer avec une bougie?
“Ouvre-moi ta porte”, là, le doute n’est plus possible, il demande l’entrée, qu’on lui ouvre la porte. “Frappe et on t’ouvrira”, surtout si c’est au nom de l’amour de Dieu qui pour les compagnons est le Grand Architecte de l?Univers?
Mais la deuxième strophe est encore plus édifiante.
“Au clair de la lune”, de nouveau, (il y est insiste lourdement), et Pierrot répond, comme répond le gardien lorsque le profane frappe à la porte. Et que lui dit-il?
« Je n’ai pas de plume »
Et quelqu’un qui n’a pas de plume, il ne sait pas écrire ! Et s’il ne sait pas écrire, on peut imaginer qu’il ne sait pas lire non plus, et quelqu’un qui ne sait ni lire, ni écrire, n?a donc pas la connaissance voulue.
“Je suis dans mon lit” ?
Quelle est la signification cachée de cette phrase,
Le Bouillonnement pourrait nous éclairer là-dessus, lui qui a longtemps pratiqué la méditation active au lit ? « Je suis dans mon lit » dit la chanson ? Que fait-on dans son lit ?… Je vous le demande… Naître et mourir essentiellement, ce qui représente pour l’initié deux aspects de la même réalité : mourir à la vie profane, naître à la vie initiatique.
De cela on peut déduire que si le premier personnage est dans la chambre de préparation, que le rôleur a oublié d’y mettre une plume, qu?obéissant à un moment de panique ce candidat a tenté de fuir par la fenêtre, et qu’en ouvrant le courant d’air a éteint sa bougie, c?est que Pierrot, lui, est déjà compagnon reçu ou en train d?être reçu. Mais, continuons.
“Va chez la voisine, je crois qu’elle y est ? »
Quel est le symbolisme de la voisine? Je vous le demande … Mais, c’est clair, la
voisine, c’est le troisième terme qui permet de dépasser la dualité du
binaire représenté par Pierrot et de son compère. En plus, c’est elle qui a toutes les
plumes.
“Va dans la cuisine ?”
La cuisine, lieu des transformations où, par le feu, l?initié transmute la matière. Cela fait immédiatement penser à l’alchimie, ce qui est confirmé par la dernière phrase de cette deuxième strophe: “on bat le briquet”. Le briquet, qu’est-ce si ce n’est ce qui peut donner la lumière a chacun.
Je vous passe les deux dernières strophes, car elles semblent avoir
été rajoutées plus tard. D?ailleurs, tout est dit dans les deux premières strophes.
Payses, pays, le doute est-il encore possible?
Nous avons plusieurs références à la lune, au nord, nous avons les quatre éléments :
- le feu,
- l’air dans le courant d’air qui a éteint la bougie,
- la terre dans l’idée du lit, donc la mort, donc le cercueil, donc la mise en terre,
- l’eau, l’élément liquide qui n’est certes pas dévoilé explicitement, mais bien suggéré, puisqu’il n’est pas dit qu’il n?y pas d’encre pour écrire.
Bref, ce sont des pans entiers de nos symboles et de nos protocoles que nous trouvons dans cette chanson.
Nous l?avons vu, la situation du premier personnage est claire, celle de Pierrot aussi. Il est prouvé que ce dernier est compagnon. Mais est-il reçu ou confirmé ?
Là aussi une analyse serrée du texte peut nous donner des indications. D’un côté le fait qu’il ne puisse ouvrir la porte laisserait entendre qu’il n’est pas encore confirmé. D’un autre côté, c’est peut-être qu’il veut mettre le candidat qui est à l?extérieur, à l’épreuve, pour s’assurer de sa bonne foi, bonne foi qu’il prouvera en ayant le courage, après un premier refus, d’aller frapper chez la voisine..
Un indice précieux nous est fourni dans le nom des protagonistes. Pour Pierrot, c’est flagrant, nous l’avons vu, mais comment s’appelle l’autre?
Son nom n’est révélé qu’après une analyse en profondeur du texte ? Quand il parle, que dit-il?
Il dit « Je ». Or, « je » commence par «J » ? Ce ne peut être Jacques puisque « frère Jacques » dort (autre chanson qu?il faudra analyser). « Je », c?est «J » + « E ». Ce sont les deux premiers lettres de ? de ? mais c?est bon sang bien sûr, le prénom de notre saint patron! JEAN.
Et voilà, comment on enveloppe l?escalope du n?importe quoi !
Cela dit, le compagnonnage, c?est aussi de manier l?humour, et d?accepter la carricature.
- publié par Daniel LAURENT le 25.2.06
RECHERCHE DE DOCUMENTATION
Pour vos recherches sur internet, concernant le symbolisme, n’hésitez pas à utiliser les sites sur lesquels des informations sont à glaner. Souvenons-nous du tao dse l’abeille : sa vertu est de butiner partout pour faire son miel. Et c ‘est là, la grande différence d’avec le syncrétisme qui ajoute, sans discernement et pour auto-justifier sa pensée, des éléments hétéroclites, tandis que la tradition intègre des existants nouveaux, sans altérer son message.
Voici donc un ensemble de liens que vous pouvez consulter :
LIENS
http://misraim.free.fr/bibliotheque
http://gallica.bnf.fr
http://reunir.free.fr
http://www.jesusmarie.com/telechargement.html
http://telechargements.girolle.org/listegir.php
http://virya.free.fr/biblioth.htm
http://www.ezooccult.net/
http://www.livres-mystiques.com
http://www.morgane.org/willy.htm
http://sophie.md.chez.tiscali.fr/NouvOMond/biblioapo.htm
http://perso.club-internet.fr/hdelboy/textes_divers.html
http://bibliotheca.iblililiu.com
http://apollonius.free.fr/telecharg.html
http://membres.lycos.fr/theaph/texts.html
http://perso.wanadoo.fr/chrysopee/somalc.htm
http://marcuslebreton.free.fr/BibliAlchimie.htm
http://levity.com/alchemy/
http://kingsgarden.org/French/organisations.F/OM.F/OM.htm
Kabbale
http://www.kabbale.org/
http://www.kabbale.net/
http://kabbale.hermesia.org/
Gnose
http://gnose.free.fr
http://www.histoire-christ-gnose.org/
http://perso.net-up.com/gnosis/text/
Soufisme
http://www.saveurs-soufies.com/
http://www.soufisme.org/site/
http://www.chez.com/rumi/soufisme.html
Alchimie
http://www.alchymie.net/
http://www.secrete-alchimie.com/
Esséniens
http://perso.club-internet.fr/michelar/manuscri.htm
http://spirizine.free.fr/n1/esseniens.html
Arts martiaux
http://www.webmartial.com
Samouraïs
http://samourais.free.fr/
Ordres de Chevalerie
http://lorl.free.fr/ordlist.htm
http://templis.free.fr
http://www.templiers.net/
http://www.aquiweb.com/templiers/
http://www.esonews.com/templiers/
http://ww
Franc-maçonnerie
http://www.franc-maconnerie.org/
http://www.fm-fr.org/
http://www.fm-europe.org/
http://www.stelling.nl/vrijmetselarij/ritualen.html
Rite Ecossais Rectifié
http://www.rite-ecossais-rectifie.net
http://www.gpdg.org/
Rite Ecossais Ancien et Accepté
http://www.reaa.ch/
Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm
http://www.memphis-misraim.org/
http://www.memphismisraim.it/French.htm
Rite Français
http://www.grandchapitrefrancais.com/
Rite d’York
http://www.yorkrite.com/
http://knightstemplar.org/
Rite Emulation
http://www.glmmmf.org/
w.mysticrealms.org.uk/main.htm
- publié par Daniel LAURENT le 25.2.06
24.2.06
VOYAGE DE COMPAGNONS
- publié par Daniel LAURENT le 24.2.06
JOIE DES SOUVENIRS
- publié par Daniel LAURENT le 24.2.06
PROPOS SUR LE SYNCRETISME
Il est parfois bon de lire les autres sur un sujet fondamental. Le titre de l’article que je vous transmet est tout un programme: le syncrétisme, une perversion ?
L’article est de Marthe Van de Meulebroecke, Philosophe agnostique, et publié dans Vivre 98/3 Juin 1998. Lisons son article :
Des critiques virulentes
Selon l’étymologie, le syncrétisme renvoie à l’entente entre deux Crétois, réputés, comme chacun sait, menteurs; entente dans le but évident de tromper leur monde. D’entrée de jeu, nous sommes sur nos gardes !
De fait, le mot a, par définition, un sens péjoratif puisqu’il désigne la combinaison peu cohérente de propositions contradictoires ou d’éléments disparates empruntés à des systèmes de pensée différents, que ceux-ci soient philosophiques ou religieux.
Si l’intégration de ces éléments s’est poursuivie dans la recherche d’une certaine cohérence, alors, selon Lalande, il faut préférer le mot « éclectisme ». Cependant, même définie positivement, cette démarche (éclectique ou syncrétique) n’éveille guère de sympathie. Depuis Victor Cousin, elle évoque la synthèse, académique et superficielle, d’idées trop générales pour être porteuses d’un sens concret.
Ajoutons que les appareils ecclésiastiques suspecteront vite dans ces amalgames quelque dérive individuelle dangereuse pour les Églises. L’oecuménisme lui-même-même, pourtant très différent, n’a pas toujours eu bonne presse ! Et pourtant toutes les religions n’ont-elles pas intégré, dans leurs textes fondamentaux eux-mêmes, des éléments d’origines diverses ? Et ne sont-elles pas traversées, aujourd’hui encore, par des courants doctrinaux ou spirituels très différents ?
Un shopping spirituel ?
De nos jours, les critiques formulées contre le syncrétisme sont tout aussi virulentes. Peut-être plus. Citons au hasard quelques exemples empruntés au compte rendu d’un colloque consacré à la rencontre entre bouddhistes et francs-maçons. ?
- Il ne s’agit pas, dit l’un des participants, « de faire du shopping spirituel, de batifoler de droite et de gauche, dans des formes de syncrétisme dans le mauvais sens du terme, c’est-à-dire de l’éparpillement, de la dispersion et des distractions ».
- Un autre évoque le risque, le danger « de syncrétisme et de confusion. « J’ai comme l’impression, intervient Bernard Besret, qu’on est en train de faire du syncrétisme le dernier des péchés capitaux.»
Bref, le syncrétisme se confondrait-il avec le shopping spirituel ? Si oui, qu’est-ce que ça veut dire ? Faut-il automatiquement médire de cette forme de commerce ? Faut-il fermer les frontières de l’esprit ? Ou ne les ouvrir qu’aux fonctionnaires patentés qui ont la charge de nos âmes ?
La question mérite d’être élargie. Aujourd’hui les cadres académiques ayant éclaté, la tentation et la peur du syncrétisme prennent leur source dans une réalité beaucoup plus profonde et plus angoissante : celle de la mondialisation. Le shopping ne porte pas que sur des marchandises (l’habitat, les modes vestimentaires ou l’alimentation).
L’internationalisation des marchés suscite la rencontre des cultures, bref le phénomène bien connu de l’acculturation. Et chacun sait que cette confrontation risque d’altérer la structure des sociétés les plus fragiles et ne laisse d’ailleurs aucune indemne.
La poudre à lessiver ou les traditions totalitaires ?
Le premier risque, c’est la banalisation, l’uniformisation. Des articles identiques envahissent les marchés (sans tenir compte d’ailleurs des besoins réels des peuples). Certes, il faut résoudre le problème du logement en Chine. Mais quand des immeubles tours d’un goût douteux poussent sur les ruines du vieux Pékin, on ne peut s’empêcher de s’inquiéter. A quoi bon encore voyager ? Et quand les autoroutes d’un syncrétisme superficiel auront gommé la particularité des chemins spirituels, à la longue, il y aura de quoi décourager le tourisme philosophique lui-même !
On peut déplorer aussi l’effet de mode. Grâce à des méthodes publicitaires analogues, on peut lancer une poudre à lessiver ou une thérapie spirituelle. Déboussolés et souvent incultes dans ce domaine, certains sont prêts à avaler n’importe quoi. Sans aucun sens critique? Ceci les amène parfois à troquer l’orthodoxie de leur enfance contre l’enfermement pire de groupes fanatiques (je préfère ne pas utiliser le mot «sectes» qui recouvre n’importe quoi). D’autres au contraire restent peut-être trop ouverts de façon permanente. Sans se donner le temps de faire le point. Ils empruntent à la fois plusieurs chemins et, par la force des choses, ils réduisent leur engagement au discours conceptuel. Sans essayer d’en faire l’application concrète. Autrement, ils se sentiraient écartelés.
Cependant ce qu’on a appelé parfois la «déterritorialisation» n?explique pas seule l?émergence de nouvelles formes de syncrétisme. La mondialisation actuelle (libre circulation des marchandises et des idées) a été précédée, grâce notamment à la laïcisation des sociétés, d?une émancipation des individus par rapport à leur communauté traditionnelle. Déjà, à l?intérieur de leurs frontières nationales, ils ont acquis la possibilité de choisir entre plusieurs confessions religieuses, de les rejeter toutes ou même, éventuellement, de se livrer à ce que d?aucuns appelleront du shopping. Ils sont apparemment libres. Certains diront qu?ils flottent.
En réaction contre un individualisme, jugé égoïste et dépourvu d?esprit communautaire, les intégristes de tous bords ont prôné à la fois la fermeture des frontières économiques et le retour à des traditions totalitaires.
Est-ce la solution ??En fait, la rencontre des systèmes de valeurs et des systèmes symboliques qui les véhiculent est inéluctable. Inutile de s?enfermer dans des traditions closes et tournées uniquement vers leur passé. Les ondes dues au choc des cultures ébranleront tous les blocs fermés , même en Iran ou en Arabie Saoudite.
Une dialectique toujours possible
Plutôt que de se lamenter contre ce monde décoiffant, voué au changement et à l?ouverture, sans doute vaudrait-il mieux former des individus assez solides pour les affronter et les gérer.
Ici, il convient peut-être d?arrêter un instant notre attention sur la notion d?individualisme. On a coutume aujourd?hui d?identifier l?individualisme et l?égoïsme «dérégulé» de l?homo economicus néolibéral.
Or qui dit que l?individu est incapable de générosité ? Qui dit qu?il se construit seul dans n?importe quel milieu social, qu?il n?a pas faim de justice et qu?il n?a pas besoin d?aimer et d?être aimé ?
Et si l?individualisme pouvait désigner aussi un effort pour développer la maturité des individus, maturité qui leur permettrait d?accéder à l?autonomie, c?est-à-dire de se respecter les uns les autres, de décréter ensemble les règles économiques, sociales et politiques qui assureraient le meilleur développement possible pour tous et pour chacun? On peut rêver. On doit rêver. Ou alors renoncer à la démocratie. Défendre la dignité de l?individu postule une réflexion et une action sur la société où il est appelé à vivre.
La Déclaration Universelle des Droits de l?Homme est construite dialectiquement autour de ces deux pôles : respect des individus contre l?arbitraire du pouvoir, obligations des États à l?égard des individus. Beaucoup en parlent, mais souvent à des fins de propagande. Si les États s?en inspiraient réellement, la mondialisation serait moins menaçante et acquerrait une dimension éthique qui lui manque cruellement. Malgré les efforts de quelques-uns. Et peut-être alors, le réflexe de repli sur soi, de fermeture et de crispation sur un passé révolu, réflexe qui suscite les fondamentalismes, ferait-il place a plus de sérénité.
Vers un apprentissage du respect
Si j?ai cru nécessaire de faire un détour allusif en traversant à la hâte les plans économique, politique, social et éthique, il nous faut redescendre plus profondément jusqu?au niveau où l?esprit, la sensibilité et le corps s?enracinent dans le monde (ou parfois s?en détachent). Dans cet univers sans frontières, tous les chemins peuvent s?entrecroiser et donner lieu à ce que d?aucuns stigmatiseront aussi sous le nom de syncrétisme.
Je ne tiens pas au nom, mais à la chose. Ce syncrétisme d?un nouveau genre, si syncrétisme il y a, ne consiste plus à faire coexister des systèmes, ni à bricoler des parures exotiques. Il s?agirait plutôt pour chaque homme, pour chaque femme, de poursuivre son propre chemin spirituel le plus concret, qui, certes, prend son départ, son origine dans un environnement proche, mais peut, par la suite, trouver dans d?autres verts pâturages de quoi se nourrir ou de quoi se reconnaître.
Un tel voyage intérieur demande et en même temps développe cette maturation dont nous avons déjà parlé, maturation qui confère aux êtres le pouvoir de se gouverner soi-même, en s?assumant et en se dépassant. Sans ce pouvoir, toute action risque de dévier et de se corrompre.
Cette maturation ne peut se poursuivre dans un milieu fermé et trop protégé. Mais elle ne peut non plus s?orienter sans une formation culturelle solide et approfondie par la connaissance critique des grands textes de l?humanité.
Il serait urgent de mettre au point cette formation dans tout programme éducatif. Ce serait le meilleur moyen de défendre les jeunes contre les influences délétères de certains prosélytes, mais surtout de leur donner la capacité de comprendre les autres dans leurs diversités et dans toutes leurs nuances particulières. C?est à ce prix seulement que les nouvelles générations pourront trouver un équilibre.
Le shopping, après tout, cela s?apprend, qu?il soit spirituel ou non !
COMMENTAIRE DU BAILLI
Non seulement le syncrétisme est une perversion, mais c’est assurément le seul vrai péché : celui contre l’esprit.
- publié par Daniel LAURENT le 24.2.06
15.2.06
les réflexions du Bailli
Qui n’a jamais entendu ou proféré soi-même ces réflexions suivantes :
- « Je ne sais pas ce qui m’a pris » !
- « Je ne saisis rien à ce tableau » !
- « Qu’est-ce qu’il me veut, celui-là » ?
- « Pourquoi mes amis se fâchent-ils » ?
- « J’ai entendu dire qu’entre les pairs, il y avait des problèmes » !
Ces cinq réflexions ont deux dénominateurs communs.
D’une part c’est la même personne qui est au centre de l’interrogation, d’autre part chaque question révèle une incompréhension.
Nous allons ensemble chercher à démontrer le mécanisme complexe de la compréhension, mais avant, je propose que nous réfléchissions quelques instants aux réflexions elles-mêmes.
Nous avons vu qu’elles étaient toutes les cinq issues d’une même personne. En fait, elles représentent les cinq flux de la communication, laquelle est à la base de la compréhension.
Voyons cela :
« Je ne sais pas ce qui m’a pris » signifie que je ne me comprends pas moi-même. Le mouvement de l’acte de compréhension ou plutôt d’incompréhension, va ici de moi-même à moi-même, sans impliquer quiconque d’autre. C’est ce que nous appellerons le premier flux de la communication.
« Je ne saisis rien à ce tableau » signifie que je ne comprends pas quelque chose d’extérieur à moi-même dans l’univers physique. Il s’agit ici d’un flux entre moi-même et quelque chose de matériel qui n’est pas vivant. C’est ce que nous appellerons le second flux de la communication.
« Qu’est-ce qu’il me veut celui-là »? est ici un flux direct entre moi-même et une autre personne. C’est ce que nous appellerons le troisième flux de la communication.
« Pourquoi mes amis se fâchent-ils » ? signifie que je ne comprends pas un flux allant d’une personne à une autre personne ; mais j’y suis impliqué en tant que témoin direct. C’est ce que nous appellerons le quatrième flux de la communication
« J’ai entendu dire qu’entre les pairs, il y avait des problèmes » ! correspond à un flux rapporté et qui ne me concerne que de manière indirecte. C’est ce que nous appellerons le cinquième flux de la communication.
Ces cinq flux de la communication correspondent bien à des considérations qui vont du plus intime (de moi-même à moi-même) au plus lointain (les autres que je ne connais pas forcément).
Cela vous paraît peut-être étrange que je m’appesantisse sur ces choses … Peut-être penserez-vous que le Bailli commence à « taper dans les boîtes » ! Et d’ailleurs, qu’est-ce que cela a à voir avec la santé, le symbolisme et le compagnonnage ?
Voire …
Les cinq flux de la communication sont fondamentaux et pour être en harmonie et en bonne santé, il faut de la fluidité sur ces cinq canaux. Si l’un d’entre eux est obstrué, il va perturber les autres et nous conduire à quitter le mouvement harmonieux du flux cher à la tradition.
Prenons des exemples dans un domaine profane où l’incompréhension est fréquente : je veux parler des problèmes relationnels. Ainsi je me souviens d’une patiente qui ne pouvait plus approcher de son conjoint parce qu’on lui avait dit de telles choses sur lui que … bref, flux numéro cinq touché, communication bloquée et bientôt coulée ! comme à la bataille navale.
Et cet autre, qui n’a pas compris en tant qu’enfant les conflits entre ses parents ce qui a entraîné un blocage du flux quatre, et qui maintenant, des années plus tard, reproduit sans savoir pourquoi, une situation conflictuelle parentale avec ses propres enfants.
Autre exemple : si je ne peux justifier pour moi-même un comportement intime, une pulsion par exemple, je vais sombrer dans l’introversion (flux un bloqué). Ce sera le début d’un isolement, voire d’une rupture avec les autres et l’environnement (flux deux, trois et quatre perturbés). Et cela peut aller jusqu’à la maladie, qu’elle soit psychosomatique ou mentale. Et le traitement consistera à remettre en mouvement la fluidité des flux.
Vous le voyez, payses et pays, mon propos a bien des relations à la santé, et quel que soit notre métier de santé.
Mais il a aussi à voir avec le compagnonnage. D’abord parce que nous sommes un groupe de communication, mais aussi parce que nous utilisons le langage des symboles.
En présence d’un symbole (flux deux) ou d’une cérémonie (flux trois ou quatre), si je ne comprends pas ce qui se passe ou si je n’essaye pas de pénétrer les significations intimes des gestes, paroles, us et coutumes, si mes flux sont entravés, je finirai par ne pas être en harmonie avec moi-même (flux un) et à mettre en péril l’égrégore tout entier.
Bref, ce ne sont là que quelques remarques sur les conditions dynamiques qui accompagnent le processus de compréhension.
Mais, qu’en est-il de la compréhension elle-même ?
La tradition nous donne des clés pour décrypter le réel.
Par exemple, pour appréhender l’inconnaissable que l’on appelle Dieu chez les croyants, le Tao chez les philosophes chinois, et que l’on désigne par le nombre « un » chez les numérologues, la tradition affirme qu’il est indispensable de passer par le « trois? , car ce ne serait qu’à partir de la dimension ternaire que nous serions en mesure d’appréhender l’inconnaissable.
La tradition est cohérente et si nous y réfléchissons cela s’applique partout ; ainsi pour appréhender l’espace, nous devons le ressentir par ses trois directions qui donnent les volumes : largeur, longueur et hauteur. De même pour appréhender le temps, devons-nous le vivre par ses trois moments de continuum : passé, présent, futur.
Bref, comprendre un procès, c’est en trouver les trois temps.
Les relations humaines, problématiques en cinq flux de communication, ne peuvent échapper à la règle. Si la tradition a raison, nous devons pouvoir les analyser par termes indispensables et coexistants. Comme pour les autres exemples, perdre l’un des termes, c’est ne plus avoir de ternaire, c’est perdre la compréhension. Perdre la hauteur, c’est perdre le volume. Perdre le mouvement du temps, c’est s’exiler de la vie.
Quels sont donc les trois termes de la compréhension dans les relations humaines ? vous les connaissez déjà bien sûr.
- Le premier terme c’est la réalité
- Le second terme c’est l’affinité
- Le troisième terme c’est la communication.
Concernant la réalité, souvenons-nous que seule la réalité que nous créons ou que nous acceptons comme telle est réalité. Ainsi la difficulté avec l’idiot, c’est qu’il est incapable de partager sa réalité avec quelqu’un d’autre, se trouvant de ce fait coupé du monde et des autres. C’est pourquoi il est idiot, c’est-à-dire unique et incapable de communiquer. (le mot idiosyncrasie signifie « qui est propre à chacun », et l’on pourrait dire que l’idiotie est la pathologie de l’idiosyncrasie).
Donc, sans réalité à partager, pas de compréhension ! Et lorsque je dis d’un tableau que je ne le comprends pas, c’est bien souvent parce que je n’arrive pas à partager la réalité exprimée par l’artiste, ou bien c’est lui qui n’arrive pas à me la communiquer.
Et je viens d’employer le mot communiquer.
On voit bien que les termes, réalité et communication, sont liés. Mais j’y reviendrai.
Donc, sans réalité acceptée et partagée avec autrui, pas de compréhension et en y réfléchissant nous constateront qu’il n’y a guère de conflit sans que les protagonistes vivent des réalités différentes sur les mêmes données et les mêmes faits. Par exemple, je ne comprends pas Daniel pourtant si intelligent quand il accepte ma réalité, mais en l’occurrence, sa réalité du social, du politique, de la religion, de l’argent ou des femmes est fausse, puisque ce n’est pas la mienne. Je pense même que Daniel a des conceptions fascisantes sinon perverses?. Et avec de tels discours, on passe facilement de l’incompréhension au jugement moral, et cela pour des vécus différents des mêmes données et des mêmes faits, bref, aucune réalité commune !
Il n’est pas facile croyez-moi de se mettre d’accord avec autrui sur une réalité commune. Et c’est là un des pôles puissants du compagnonnage. Ses protocoles, ses symboles créent du réel commun, un espace-temps hors du profane sur lequel nous sommes, à minima, en accord ; et les pays reçus s’y intègrent progressivement, et leur niveau de compréhension, donc d’intelligence, va augmenter et va augmenter aussi l’affinité et la communication.
Alors parlons de l’affinité. Selon le dictionnaire c’est un accord de ressemblance ; nous pourrions dire que c’est la capacité que nous possédons d’accepter dans notre réalité la présence voire l’existence d’un autre. Prenons un exemple : je me trouve pour un voyage de plusieurs heures dans un espace confiné style avion, en présence de quelques personnes. Je suis en situation d’affinité obligée puisque je n’ai plus le choix après le décollage d’occuper un espace différent de celui de mes voisins. Et c’est là que certaines personnes vont rechercher des réalités communes minimums : il fait chaud n’est-ce pas, les fauteuils sont toujours trop étroits, et blablabla? À partir d’un accord minimum de réalité, dans le cadre de cette affinité obligée, la communication peut se développer comme le feu se développe à partir d’une étincelle. Et en fin de voyage nous voyons des gens échanger leur carte et se promettre de se revoir ?
Mais souvent l’éloignement fait que cette affinité insuffisamment ancrée dans le temps disparaît et ne laisse que le vague souvenir d’une rencontre.
L’affinité est donc cette capacité d’accepter dans notre univers personnel la présence de quelque chose ou d’une personne. De cette capacité naissent les sentiments de haine, d’indifférence ou d’exclusion (c’est l’affinité refusée) mais aussi heureusement l’amour qui va jusqu’à la fusion à l’autre et y compris sur le plan physique, pour ne faire qu’un, le temps d’un orgasme.
Et l’affinité dans le compagnonnage ?
En ce lieu et en ce temps, notre capacité à recevoir de nouveaux pays et de nouvelles payse, de professions de santé différentes, d’accepter la création d’une nouvelle Cayenne, ou même d’un lieu de Devoir, est tout simplement l’expression d’une affinité choisie et forte que l’on appelle la fraternité. Cela va au-delà du blablabla sympathique de fin d’assemblée. Vous savez, les salutations d’une payse ou d’un pays d’une autre chambre des devoirs et les promesses d’inter-visites ? Cela me rappelle mon histoire du voyage en avion et de ses échanges de cartes.
J’ai évoqué les deux premiers ingrédients de la compréhension avec la réalité partagée et l’affinité positive, mais nous avons vu que la mayonnaise ne monte pas sans la communication.
Il existe bien des ouvrages sur le sujet, et les spécialistes sont nombreux à organiser des séminaires montrant par là que c’est souvent de ce qui nous manque le plus que nous avons besoin de parler. Je ne vais pas m’y mettre aussi, et je me contenterai d?une remarque : la communication, la vraie, est un mouvement d’échange où l’intention de communiquer se mêle à l’attention que l’on porte à autrui, sorte d’extériorisation qui permet l’écoute et le respect de l’autre. C’est l’attitude du compagnon parce qu’il est compagnon et du vrai thérapeute (qui n’est pas forcément compagnon). C’est l’attitude dont on rêve pour soi-même, que l’on espère de tous les compagnons, reçus et confirmés, et cela se conjugue en cinq flux.
Et pour reprendre l’excellente formule du pays Jean, l’aventure passionnée de Lyon, et que nous avons adoptée :
la fraternité nous va !
- publié par Daniel LAURENT le 15.2.06
9.2.06
Merci pays, de ce témoignage et de ces réflexions qui sont le sang du compagnonnage.
Dans le cadre de mon travail à la maison de retraite des religieuses, j’ai rencontré le médecin du travail. Il m’a questionné sur ma gestion de la charge médicale, j’ai hésité, et me suis lancé, en répondant 5 éléments et MTC. D’abord surpris, il m’a écouté, en a mesuré le potentiel dans son activité et a fini par avouer ” que le problème de la médecine, spécialiste ou pas, est qu’elle s’enferme dans des impasses, qu’elle se justifie en imposant des grilles de plus en plus techniques dites pointues, qu’elle se cache derrière des codes réservés aux initiés, que les médecins s’y enferment et oublient la notion de l’individu”.
Peuchère combien sommes nous!
Beaucoup de soignants bien différents dans leurs pratiques restent incontournables mais d’autres édifient un labyrinthe de données utiles, ou futiles, ou infantilisantes, parfois ahurissantes et finissent par s’enfermer dans un pouvoir qui à l’image des oubliés de Clipperton devient dérisoire. La tradition est un premier rempart à la pérennité de la bétise.
Quelles limites devons nous définir entre notre vérité, “la” vérité et surtout celle de nos patients? Peux-être que le compagnon, surtout de santé, pourrait poser des passerelles, lever des barrières ici, où là, en apprenant à écouter, ce que je dois faire. Qu’en dis-tu?
Prends l’exemple de l’ostéo que tu as évoqué à la dernière escale, j’aurai du ajouter qu’en ostéo cranienne, le mouvement respiratoire du sphénoide vient buter sur l’axe hypothalamo-hypophysaire et fait ainsi secréter de façon pulsatille (avec preuve bio à l’appui) l’HP puis les glandes hormonales (et le point de correction est le 8 F!!), l’autre (éric) aurait pu compléter par l’embryogénèse des os du crâne et… l’osmose nait.
Donc frustration et colère, quand en plus le ton est d’apparence autoritaire et paternaliste, ça réveille quelques gui personnels, et finalement c’est une étape nécessaire pour moi.
Et puis jour de grâce, car le soir même, je revois Jacques en consultation, jardinier de 70 ans, de type arsenicum album, patient que je suis depuis plus de 10 ans. Sa femme, PMD, s’est défenestrée il y a un an. Il en discute régulièrement et ne comprend toujours pas comment il a pu passer à coté et ne rien voir venir. J’essaie de lui montrer l’autre coté de la pièce, avec ici son calme cette nuit là, sa simplicité, sa discrétion dans la souffrance et la leçon qu’il nous a tous donné. Il m’a alors répondu sur un ton paisible et plein d’humilité :
” – Vous savez docteur, quand je vous ennuie avec mes questions de prostate ou de vertiges, c’est moi qui parle, moi en tant qu’ homme, mais quand vous voulez trouver que moi, je pourrai vous apporter, non, non, (en souriant) ce n’est pas moi, c’est un autre, qui à travers moi ou d’autres, se sert de moi pour faire passer son message, alors ne me remerciez pas, mais remerciez le, lui.. “
Nous nous sommes sourit.
Dans cet instant, comme lors de ma réception, en un éclair bref et fugace, presque inconscient, je ressens cette certitude d’être dans l’existence et la verticalité, “la légende personnelle” (et je ne pense pas qu’il s’agisse d’orgueil ou de prétention), même si ainsi je mesure la distance à la sagesse…
Ce sont ces moments qui donnent un sens à notre humanité, à nos soins, et à notre plaisir d’accompagner.
En écho à ton site et au blog je souhaitais t’amener ce témoignage.
Gilles de Vitré
Merci pays, de ce témoignage et de ces réflexions qui sont le sang du compagnonnage.
- publié par Daniel LAURENT le 9.2.06
8.2.06
HISTOIRE
On a lu cela sur une site compagnonnique, qui nous rappelle des querelles dépassées. Mais, bon !
« Ce n’est pas la première fois que de pseudo sociétés compagnonniques font parler d’elles, notamment dans la mouvance maçonnique. Ce ne sera sans doute pas la dernière car les authentiques sociétés françaises répugnent par trop à descendre dans l’arène et laissent ainsi le champ libre aux « spéculatifs spéculateurs ». Pour ma part, à titre strictement personnel, je pense qu’il est souhaitable de dénoncer haut et fort de tels mensonges et attitudes manipulatoires ».
Alors pour que tout soit clair, voici ce que nous écrivions déjà il y a une vingtaine d?année :
Les Devoirs des Métiers de Santé : mythe?ou?réalité ?
“l’histoire des Compagnonnages ces derniers siècles témoigne davantage de l’intolérance des Hommes que de l’Esprit du Compagnonnage.”
La Liberté de Saint Servan
AVANT PROPOS
A propos d’un échange épistolaire entre Monsieur Y. D. pour les Oeuvriers Compagnons du Tour de France et Monsieur Daniel LAURENT pour les Compagnons des métiers de santé.
En avion ce jour d’octobre 1985, où Jacques LACROIX ,L’Engagement de Poligny et moi-même, allions visiter notre section de Lisbonne, nous compulsions l’excellent ouvrage de François ICHER :”Sur le chemin des Compagnons” ( éditions de Polyphile ), et nous lisions, étonnés ( agréablement ) et surpris ( tout aussi agréablement ), l’article suivant :
“D. Y : Compagnon de l’Union Compagnonnique des Devoirs Unis. meilleur ouvrier de France;
Y. D. a fondé un établissement scolaire privé à S., qui a pour vocation de perfectionner tant du point de vue intellectuel que manuel les élèves qu’il accueille.
Il est également le Président national et le fondateur des oeuvriers compagnons du Tour de France.
Déclaré en tant qu’association 1901, ce Compagnonnage (non reconnu par les autres) a la particularité de recevoir des femmes en son sein (d’où son “irrégularité”) et de pratiquer toutes ses manifestations en public (réceptions, travaux, expositions etc…).
sur un dépliant des oeuvriers, on peut lire :
“ce compagnonnage ouvert et moderne veut rassembler les Hommes et les Femmes riches et heureux de leur métier et leur faire vivre les joies nées de la Belle Oeuvre, car le Compagnonnage, c’est avant tout un esprit”.
Outre leur siège à S. (17), les oeuvriers ont une prévôté à Paris, leur devise est :
“TRAVAIL, DEVOIR, AMITIE”
Ainsi, au XX°siècle, il existe des Compagnons qui, tout en demeurant respectueux (dans toutes les acceptations du terme) des structures héritées, ont inclus la mixité, sans pour autant sacrifier l’Esprit du Compagnonnage.
De retour à LORIENT, je me suis donc permis, non sans l’accord des Compagnons Confirmés présents à l’Assemblée, d’adresser la lettre que voici à Y. D, Niortais l’Ami des Arts, y joignant notre REGLE. C’était le 2 novembre 1985 :
“Bonjour,
Un folklore sans vie n’est qu’un cadavre. Il en est hélas de même de la Pensée Traditionnelle lorsqu’elle est véhiculée par des Associations qui se réfugient derrière le vécu des Anciens…sans plus.
Même si les Oeuvriers sont présentés comme une “minorité”…”irrégulière”…il nous apparait que vous êtes dépositaires dans vos métiers du véritable Esprit du Compagnonnage.
En outre, d’avoir reçu des femmes, apparait comme un réel progrès sur l’obscurantisme du siècle.
C’est pourquoi, avec plaisir, au nom de notre Chambre des Devoirs de LORIENT ( irrégulière bien entendue aux yeux decertains ! ), je vous envoie un exemplaire de notre REGLE. Peut-être aurons-nous d’autres contacts ?
Respectueusement (car je ne me permettrai pas de dire fraternellement, sans être reconnu par vous comme tel)”.
Le 24 décembre 1985, nous recevions la réponse suivante :
“Les Oeuvriers, Compagnons du Tour de France aux Compagnons des métiers de santé.
“Réponse tardive, voudrez-vous m’en excuser : elle ne reflète nullement une hésitation.
Je vous suis reconnaissant de nous avoir fait connaitre votre expérience : nous l’ignorions.
Il va de soi que tous ceux qui prennent le chemin de l’humanisme ne peuvent qu’éveiller de la sympathie.
Une sympathie de coeur sans mesure pour l’esprit des choses. Mais l’esprit des choses est toujours servi par les hommes, hommes que nous sommes, donc hors de la perfection et l’appréciation de celle-ci oblige en des sensibilités.
Sur le Chemin du Compagnonnage, le parrain qui m’a conduit vers la lumière avait pour nom “Périgord la Franchise”. Vous ne pouvez donc être froissés si je l’honore et si, au nom de celles et ceux qui m’ont accordés leur confiance, j’entreprends toute approche avec prudence.
Je ne vous connais pas. du tout. Et je ne me déshonorerais pas en enquêtes et recherches “souterraines” !
Le plus valable, c’est de nous rencontrer, sauf votre refus.
Mais néanmoins, et ça ne peut vous offusquer, je demeure intrigué.
De “métiers de santé” vous vous dîtes : de qui êtes-vous les enfants ?
J’ai pour concept que, étant de passage sur la terre, nous sommes “Héritiers” pour y avoir reçu et, n’ayant pas droit d’accaparer, nous avons, en revanche, le Devoir de transmettre apres avoir, au mieux, enrichi la Connaissance et la Sagesse.
Vous voudrez sûrement nous éclairer. Nous en serions très heureux.
Merci encore de nous avoir appris votre existence. Et croyez que nous sommes toujours enchantés de pouvoir partager pleinement l’Amitié”.
La réponse de Y. D. était suffisamment explicite pour qu’à notre tour nous soyons précis, directs et francs en raison même de notre REGLE.
C’est pourquoi j’ai informé l’ensemble des Compagnons Confirmés de cet échange et avec la Payse Dana la Source de Lorient, le Pays Jean-Marie Lepeltier le Bouillonnement de Nantes, nous avons été mandatés pour préparer notre réponse.
Car en fait, les questions posées par Y. D., d’autres peuvent se les poser.
Nous avons alors établi une réponse en cinq points (pour rester dans notre symbolisme), l’avons fait connaitre à l’ensemble des Pays Compagnons Confirmés, et nous pouvons ce jour 06 mars1986, non seulement la communiquer à Y. D., mais encore la tenir à la disposition de quiconque.
Les cinq points sont les suivants :
1) Pourquoi avons-nous pris ce contact ?
2) Qui sommes-nous ?
3) D’où venons-nous ?
4) Que faisons-nous ?
5) Quel est notre But ?
Notre désir est d’informer.
Considérer ces réponses comme un essai de quelconque “justification” serait une grave erreur.
En effet, de même que l’arbre n’a ni à prouver son existence ni à justifier sa présence, de même, nous sommes, nous existons, et là est l’essentiel.
1) pourquoi avions-nous pris ce contact ?
En effet, il y a une ambiguité. D’aucun ne risque-t-il pas d’imaginer que notre démarche fut motivée par un quelconque besoin de reconnaissance ? Et pourquoi n’avons-nous jamais cherché à prendre d’autres contacts ?
Il nous faut éclaircir en priorité ce point :
Nous ne recherchons nullement des contacts qui seraient source de polémique. A quoi cela servirait-il ? En quoi cela contribuerait-il à l’amélioration de l’Homme et de la Société ?
En fait c’est beaucoup plus simple : La démarche du Pays Y. D., Niortais l’Ami des Arts, nous a paru tellement moderne dans un milieu dans lequel le poids du Passé est devenu un folklore et un handicap majeur pour l’expansion du futur, la démarche était sur certains aspects, apparemment tellement semblable à la nôtre, que nous n’avons pas résisté au désir d’un contact.
2) qui sommes-nous ?
Nommer fonde une existence.
Nommer c’est définir; et définir c’est limiter et séparer.
Exister n’autorise ni à juger, ni en l’occurence à raviver au présent les querelles du passé.
De notre point de vue, le DEVOIR nous a été régulièrement communiqué.
Nous avons notre spécificité de METIERS, et nous sommes dans cette spécificité COMPAGNONS DES METIERS DE SANTE. (dans les points suivants nous expliciterons cette dénomination).
Mais qu’on nous comprenne bien : nous respectons tous les compagnonnages ! Nous croyons que le Compagnonnage est une Grande Famille au sein de laquelle certains s’ignorent, parfois par manque d’information, d’autres fois (et malheureusement) par intolérance. Une Famille est un ensemble complexe où chacun a sa place, le fort comme le faible, le savant comme l’ignorant, l’ancien comme le nouveau né. Et l’éthique est dans le respect de tous.
3) D’où venons-nous ?
Les METIERS DE SANTE dans le Compagnonnage, cela étonne plus que ça ne convainc ! En effet, tout le monde connait les compagnonnages des METIERS DU BATIMENT, voire ceux des METIERS DE BOUCHE ; certes, les érudits savent que d’autres métiers aujourd’hui disparu (comme les BLANCHETS-CHAMOISEURS par exemple) possédaient leur Compagnonnage. Mais d’où sortent donc ces METIERS DE SANTE ? S’agit-il d’une invention (même respectable) ? N’y aurait-il pas risque de confusion ? Doit-on faire une différence entre les “vrais” compagnonnages et les “faux” ? entre les “réguliers” et les “irréguliers”? Comment pourrions-nous prétendre être “enfants du Roy SALOMON” ?
Il nous faut donc répondre clairement :
L’art de soigner est aussi vieux que celui de bâtir.
Des dieux guérisseurs, aux prêtres égyptiens ou juifs en passant par les druides, pour arriver aux confréries de mires et miresses du Haut Moyen Age, les métiers de santé sont partout non seulement concommittant aux métiers du bâtir, mais possèdent de même une organisation particulière basée sur le secret, avec des moyens de transmission utilisant le symbole et le mythe. (Il faut bien comprendre qu’un symbole n’est nullement une convention et qu’il n’est pas de symbole s’il n’est vécu de l’intérieur).
Comme les métiers du bâtir, les métiers de santé possèdent depuis toujours une symbolique instrumentale. Et même pour un métier de santé récent en Occident comme l’acupuncture: ainsi les aiguilles d’Acupuncture symbolisent la Grande Triade Universelle, le CIEL, L’HOMME et la TERRE.
Et n’oublions jamais que l’efficacité du Symbole est d’autant plus grande que le praticien perçoit bien la valeur symbolique de ses outils. Ici aiguille, là équerre, compas, règle, autant d’outils chargés du même symbolisme…Mon but n’est pas ici de montrer la convergence mais de la rappeler aux mémoires du siècle. Les métiers de santé ne sont donc pas sans analogie avec les métiers du construire. D’ailleurs, si le Temple de SALOMON est le symbole de la Création de DIEU, Grand Architecte de l’Univers, le corps, lui, est le symbole dans le Monde Vivant du “TEMPLE DE L’ESPRIT”. Les uns élèvent harmonieusement pierres et charpentes, les autres ré-harmonisent le Temple déchu. Tous concourrent à la même finalité : Ramener la créature vers son Créateur.
Pourrions-nous faire remonter nos sources à la période Médiévale ?
C’est en effet l’époque des confrèries et corporations de tous ordres qui ont donné indirectement, naissance au “Fait compagnonnique”. Cette période Médiévale, mal connue, enfanta des praticiens comme PARACELCE (XIIème siècle). Et de même que les Compagnons bâtisseurs furent interdits par un certain clergé et certaines institutions civiles (souvenons-nous que le Compagnonnage n’est institutionnellement bien intégré que depuis notre époque moderne ), de même Paracelce fut condamné. Bref, ces confrèries ont apparamment disparues. Mais elles ont toujours vécu dans la mémoire collective et il n’y a pas une époque qui n’aie senti les résurgences de la Tradition. Et aujourd’hui, ce qui a du se cacher, s’enfouir pour survivre, rejaillit plus fort que jamais. En fait, la Tradition des métiers de santé, on pourrait dire celles des mires et des miresses, les fondateurs de nos Devoirs l’ont reçue de diverses sources. Mais quel est le rapport (et y en a-t-il un) avec les Compagnonnages des métiers du bâtir ?
Si l’on sort de la légende, le rapport des confrèries et corporations, quelles qu’elles soient, avec ce que l’on nomme aujourd’hui “le Compagnonnage” semble un rapport plutôt indirect !…C’est pourquoi il nous faut rappeler quelques aspects importants du “Fait Compagnonnique”.
Pour ce faire, lisons les écrits de ceux désignés généralement comme des “autorités”.
Commençons par E. CORNU, Compagnon du Rite de Soubise.
Les citations sont extraites de son ouvrage publié à Lyon en 1907 et intitulé : “LE COMPAGNONNAGE, SON ORIGINE, SES REFORMES, SA NOUVELLE ORGANISATION”.
“L’histoire, mais aussi Les Traditions et les légendes (…) expliquent la diversité des rites et des devoirs à une époque maintenant révolue …”.
“L’origine (…) remonte à la plus haute antiquité (…). N’ayant pu transmettre à leurs descendants aucun parchemin (…), la transmission se sera faite verbalement, par corporation, de génération en génération”.
“Quelques corporations font remonter l’Institution du Compagnonnage à la création du Monde … Adam … Noé … étaient Compagnons (!!!).
D’autres corporations affirment que Maître Jacques et Soubise, les successeurs d’Hiram à la construction du Temple de Jérusalem, après l’assasinat de ce dernier, furent les fondateurs du Compagnonnage, alors qu’il est rapporté par certains autres que Jacques Molène et Soubise, Compagnons tous deux, dirigèrent les travailleurs lors de la construction des Tours d’Orléans en 14O1 de l’ére chrétienne !”…
“Pourquoi les auteurs anciens ne font-ils nullement mention du Compagnonnage ? (…). C’est que cette association (…) de l’antiquité est passée inaperçue, vu le petit nombre de ses adeptes”.
“Il n’est pas téméraire d’affirmer que le Compagnonnage dérive des mystères de l’antiquité (…). Ces peuples occupaient principalement l’INDE et l’EGYPTE”.
“Les prêtres d’Egypte” se reconnaissaient par signes, attouchements, libations, santés, et une façon toute particulière de marcher. Ces sociétés ou castes avaient chacune leurs mystères dont les principaux étaient ceux des prêtres de Brahama dans l’Inde, et ceux de la déesse Isis en Egypte”.
“Il y a des textes arabes sur l’existence du Compagnonnage antérieurement à l’époque, généralement adoptée, sur la lègende de son institution pendant le cours des travaux de construction du Temple de Salomon. (Cf un épisode entre Salomon et la Reine de Saba)”.
“On raconte aussi que c’est au cours de la construction du Temple dédié à Jéhovah que “les ouvriers (…) s’unirent plus étroitement par corporation et prirent pour grand Maître de leur association le Roi Salomon !”.
“Ils prirent comme attributs des rubans qu’ils portèrent alors de diverses façons et la longue canne pour les soutenir et aider leur marche à travers le Monde”.
“A dater de cette époque, toutes les traditions des rites compagnonniques sont muettes, et on ne retrouve les traces des compagnons que vers les années 14OO de l’ère chrétienne”.
“Les Traditions nous apprennent que quelques corporations seulement furent initiées (…). Une des plus importante était la Corporation des Maçons (…)”
“Comment se fait-il qu’on ne retrouve plus tard aucune trace des Compagnons Maçons ? (…) Les Compagnons Maçons (…) ont décidé d’admettre dans le sein de leur association des hommes n’étant pas ouvriers, mais de toute condition sociale. Cette association devint alors une Société (…) comprenant toutes les classes de la société intellectuelle de cette époque”. (…) Ils initièrent ces nouveaux membres à leurs mystères (…) tout en conservant le rite et les symboles (…)”.
“Il ne peut y avoir de doute (…) : les réceptions, les cérémonies et les symboles de la maçonnerie sont absolument ceux du Compagnonnage de Salomon, un peu modifié”.
“Le Xème siècle et les suivants (…) est l’époque presque certaine (…) de la création de nouveaux rites, car il n’est pas contestable que jusqu’à cette époque, un seul rite connu exista, et par conséquent, un seul Compagnonnage, celui de Salomon”.
“Le Compagnonnage de Maître Jacques date de l’époque des Croisades.
Quant au rite de Soubise, la Tradition vous révèle que ce dernier était un homme austère, supérieur d’une communauté religieuse de l’Ordre des Hospitaliers. (Epoque de la guerre Sainte)”.
“Plus tard (…), ce fut le commencement de ces rivalités, de ces haines et de ces batailles, non pas seulement entre corporations différentes, mais entre corporations de rites différents” (…).
“Salomon, Maître Jacques et Soubise devinrent autant de drapeaux ennemis qui ne cessèrent de combattre l’un contre l’autre” (…).
Il y ainsi, “Nul accord, nulle harmonie dans les différents corps du Devoir”.
En fait, nous trouvons pratiquement les mêmes informations, qu’elles que soient les références d’ouvrages que nous puissions consulter, et nous citons pour mémoire :
“DEVOIR DES COMPAGNONS BLANCHERS ET CHAMOISEURS REUNIS” (Paris 1840) Par J.F. PIRON du Rite de Maître Jacques dit Vendôme-la-clef-des coeurs;
“SUR LE CHEMIN DES COMPAGNONS”. De François ICHER. Editions de Poliphile (1984).
Les diverses études de manuscrits antiques publiées : “LES TRAVAUX DE LA LOGE NATIONALE DE RECHERCHE VILLARD DE HONNECOURT”.
“LE REGIUS; REGLE DES COMPAGNONS, ENFANTS DE SALOMON (1390- Londres”. Et publié par TREDANIEL;
“LE COMPAGNONNAGE”. De J.P. BAYARD.
“LE COMPAGNONNAGE”. De Jean BERNARD, Président de l’Union Compagnonnique.
Et divers articles sur le Compagnonnage dans la revue ATLANTIS;
Bref, qu’elles que soient les références, nous retenons le tableau suivant
- Une origine mythique des Devoirs.(au moins Salomon !)
- Epoque du Haut Moyen Age : L’organisation médiévale des métiers (dont les femmes ne sont pas exclues.), c’est à dire les corporations (tous métiers).
- Une origine historique du “Fait Compagnonnique.”(du X° au XIV°siècle)
- Mais dès cette époque :
1) morcellements et querelles (rites et sociétés diverses: Enfants de Salomon, Enfants de Maitre Jacques, Enfants du Père Soubise).
2) formation de groupes issus des Devoirs, mais n’étant pas du métier.(ceux que nous appelerons les “spéculatifs”, parfois considérés comme accaparateurs voire bâtards).
- Et à partir du XIX° siècle et jusqu’à aujourd’hui :
1) abandon de certains métiers, et acceptation de nouveaux.
2) interférence des Compagnonnages opératifs avec des éléments “spéculatifs”.
3) éclatement confirmé en quelques sociétés prétendant toutes à l’exclusivité du “Fait Compagnonnique” ( et lorsque l’on évoque le Compagnonnage, ce sont à elles que pense le public !)
- Fin du XX° siècle :
1) mise en irrégularité d’un Compagonnage ayant accepté des femmes : les Oeuvriers Compagnons du Tour de France.
2) retour de quelques enfants de Salomon, du “spéculatif” vers l’opératif des métiers de santé : nous-mêmes
Ainsi donc,
1) – Les Devoirs des métiers de santé, d’une part ont été fondé par des spéculatifs issus eux-mêmes des enfants de Salomon, et d’autre part sont les héritiers des fraternités des anciens métiers de la santé.
2) – Les Devoirs des métiers de santé constituent donc bien une organisation originale, tant par sa double origine traditionnelle, que par sa résurgence dans le monde moderne.
3) – Les Devoirs des métiers de santé reprennent la définition d’un enfant de Maître Jacques : Vendôme la clef des coeurs : “L’on entend par ce mot Devoir, l’obligation qu’on s’est imposé de remplir fidèlement les engagements que l’on a contractés”.
4) Que faisons-nous ?
Nous travaillons, sans relâche, à notre amélioration morale et professionnelle (les deux vont de paire), au sein d’une fraternité. Et là encore, nous trouvons le parallèle avec toutes les sociétés compagnonniques. Ainsi la réception de nos postulants (certains disent aspirants), qui aboutira à son entrée dans la Chambre des Devoirs (certains disent “sa montée en Chambre”), présente plus que des analogies avec les autres Devoirs :
*Choix et sacralisation d’un lieu à l’abri des turbulences du monde profane.
* Protocole codifié d’ouverture et de fermeture des travaux.
* Introduction du postulant, guidé par son parrain et par le rôleur etc?
Nous n’avons pas bien entendu, à entrer dans les détails ; ce n’est pas le but de cette monographie. Nos coutumes, nos santés, nos couleurs sont à la fois spécifiques à notre société et en écho avec celles des enfants de Salomon, (encore que des différences y soient sensibles).
5) Quels sont nos buts ?
Si l’on compare notre Règle avec la plus ancienne Règle connue, (le Régius de 1390), on comprend la fidélité à l’Esprit, et il suffit de s’y référer.
EN CONCLUSION.
Voila donc clairement exprimé : qui nous sommes, d’où nous venons, ce que nous faisons et ce que nous voulons. Avons-nous le droit de nous affirmer compagnons ? Sommes nous réguliers ? La véritable régularité, pour nous Compagnons des Devoirs des métiers de santé, ne se pose pas par rapport à d’autres Compagnons, mais par rapport à l’Esprit même du Compagnonnage.
Nous sommes la résurgence dans les Métiers de la Santé de notre Tradition.
Nous sommes, nous existons, grâce à notre Règle et c’est cela notre Régularité.
Depuis, afin d?éviter les polémiques, nous nous présentons comme une confrérie.
- publié par Daniel LAURENT le 8.2.06
6.2.06
le mot du Bailli
Pendant la réception, sur certains gestes, des questions se posent.
Ainsi, du compas sur le coeur.
Le Compas symbolise l’Esprit (l’Equerre la Matière).
Le « Passage de la Matière à l’Esprit » est fondamental pour qui soigne.
Le Coeur dans la tradition ésotérique universelle est le siège de la Conscience, qui est Vérité et Justice.
LIntelligence du Coeur prime par rapport à l’intelligence raisonnée intellectuelle.
Quand Salomon demande un « Coeur Sage » pour diriger son peuple, il réclame à Dieu pour unique richesse la révélation de la Vérité et de la Justice pour lui et son peuple (conscience de vivre dans et sous la Loi Universelle Divine).
Le développement des facultés de perception de la chose cachée (révélation de l’universalité Divine) est en synthèse l’Esprit pénétrant la Conscience, le Compas pointé sur le Coeur !
- publié par Daniel LAURENT le 6.2.06
9.1.06
Pour ce premier janvier 2006
Payses, pays, en plus des voeux du Collège des Pairs, nous vous proposons de méditer sur le texte suivant :
« La raison n’est qu’une lanterne dans la nuit. Mais elle n’est pas le soleil. Jamais une lanterne n’a fait le jour.. Toutefois, sans elle on ne peut retrouver son chemin. Pour le comprendre, il faut apprendre sans relâche : c’est le meilleur moyen de mesurer son ignorance. C’est là la philosophie de la philosophie que l’on nomme Tradition. L’essentiel dans ce monde est d’éviter la souffrance à soi-même et aux autres et de maîtriser ses passions. On ne parvient pas à Dieu autrement. Et cela, c’est l’objet du compagnonnage » .
Pour compléter votre formation personnelle
Vous pouvez télécharger cet admirable ouvrage du docteur Hanish sur l’art de la respiration(format Word, 3Mb).
- publié par Daniel LAURENT le 9.1.06
30.12.05
Socrate

- publié par Daniel LAURENT le 30.12.05
28.12.05
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